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terre que ce nombre est nécessaire. Personne ne dira, en effet, que s’ilfallait trente-trois individus (plus cinq professeurs, en tout trente-huit)pour cultiver une ferme de 100 hectares, il fût possible de tirer de ses pro-duits un bon et utile résultat. Il y aura donc parmi ces individus beaucoupde bras qui ne travailleront pas, et qu’il faudra cependant nourrir et vêtir,les nourrir avec l’indemnité convenue de 2 5 o francs par an.
Eh bien, concevez vous, messieurs, cette culture reposant sur tantd’individus, sur tant de bras à la fois? Il n’y a véritablement, surtout dansl’industrie agricole, de bons résultats à espérer qu’à une condition, c’estque, pour produire beaucoup, il y aura peu d’individus occupés ; c’est quele maître verra tout par lui-même ; c’est qu’il dirigera toüt par lui-même ;c’est qu’il n’aura pas d’occupations extérieures.
Eh bien! il faudra, outre le temps consacré aux travaux agricoles pro-prement dits, s’occuper sans cesse de tenir les petites et les grandes écoles,et pendant qu’on s’occupera de ces choses, la responsabilité s’amoindriraen se divisant ; les écoles marcheront de travers, et les résultats seront nidsou mauvais. Et quand les résultats auront été mauvais, savez-vous ce qu’iladviendra? Le voisin qui regardera, qui étudiera ce qu’il doit penser de cesétablissements, au lieu d’avoir confiance dans une chose qui peut être bonneen elle-même, l’éloignera de cette innovation, parce que, du moment oùle bénéfice ne se réalise pas immédiatement sous les yeux des agriculteurs(je parle des agriculteurs ordinaires), ils croient l’innovation dangereuse etmauvaise, et ils la condamnent sans retour.
Voilà quel sera l’effet moral de vos fermes-écoles, qui avorteront par-tout, je ne crains pas de le dire.
J’arrive aux écoles régionales.
Je l’ai dit, on nous a présenté le personnel, on nous a décomposé leschiffres de dépense; la direction, l’administration, toutes les dépenses quitiennent à une école régionale sont déclarées à l’Assemblée, de parle pro-jet et de par le rapport de la commission, ne devoir coûter annuellementque 45 ,ooo francs. Cette fois j’espère que je suis d’accord avec M. le mi-nistre et avec la commission ; l’école régionale sera tout entière créée auxfrais du Gouvernement.
Le citoyen ministre de Vagriculture. Tout à fait.
Le citoyen Besnard. Tout à fait! Eh bien, quelle sera l’étendue de l’écolerégionale? Je n’en sais rien; combien d’élèves y seront admis? Je n’en sais