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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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terre que ce nombre est nécessaire. Personne ne dira, en effet, que silfallait trente-trois individus (plus cinq professeurs, en tout trente-huit)pour cultiver une ferme de 100 hectares, il fût possible de tirer de ses pro-duits un bon et utile résultat. Il y aura donc parmi ces individus beaucoupde bras qui ne travailleront pas, et quil faudra cependant nourrir et vêtir,les nourrir avec lindemnité convenue de 2 5 o francs par an.

Eh bien, concevez vous, messieurs, cette culture reposant sur tantdindividus, sur tant de bras à la fois? Il ny a véritablement, surtout danslindustrie agricole, de bons résultats à espérer quà une condition, cestque, pour produire beaucoup, il y aura peu dindividus occupés ; cest quele maître verra tout par lui-même ; cest quil dirigera toüt par lui-même ;cest quil naura pas doccupations extérieures.

Eh bien! il faudra, outre le temps consacré aux travaux agricoles pro-prement dits, soccuper sans cesse de tenir les petites et les grandes écoles,et pendant quon soccupera de ces choses, la responsabilité samoindriraen se divisant ; les écoles marcheront de travers, et les résultats seront nidsou mauvais. Et quand les résultats auront été mauvais, savez-vous ce quiladviendra? Le voisin qui regardera, qui étudiera ce quil doit penser de cesétablissements, au lieu davoir confiance dans une chose qui peut être bonneen elle-même, léloignera de cette innovation, parce que, du momentle bénéfice ne se réalise pas immédiatement sous les yeux des agriculteurs(je parle des agriculteurs ordinaires), ils croient linnovation dangereuse etmauvaise, et ils la condamnent sans retour.

Voilà quel sera leffet moral de vos fermes-écoles, qui avorteront par-tout, je ne crains pas de le dire.

Jarrive aux écoles régionales.

Je lai dit, on nous a présenté le personnel, on nous a décomposé leschiffres de dépense; la direction, ladministration, toutes les dépenses quitiennent à une école régionale sont déclarées à lAssemblée, de parle pro-jet et de par le rapport de la commission, ne devoir coûter annuellementque 45 ,ooo francs. Cette fois jespère que je suis daccord avec M. le mi-nistre et avec la commission ; lécole régionale sera tout entière créée auxfrais du Gouvernement.

Le citoyen ministre de Vagriculture. Tout à fait.

Le citoyen Besnard. Tout à fait! Eh bien, quelle sera létendue de lécolerégionale? Je nen sais rien; combien délèves y seront admis? Je nen sais