Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
434
JPEG-Download
 

434

des contributions directes, on serait arrivé à un meilleur résultat, non-seit*lement politique, mais encore financier; car, que serait-il immédiatementarrivé? La confiance générale du pays aurait succédé à la méfiance ; le paysaurait compris que le Gouvernement était enfin décidé à entrer dans la voiedu bon marché réel, qui se traduit pour le cultivateur dans la diminutionde ses impôts, et je suis convaincu alors que vous nauriez pas eu ce déficitconsidérable qui diminue aujourdhui les recettes des contributions indi-rectes. Je suis convaincu que si la confiance avait été plus générale, toutesles transactions qui alimentent les contributions indirectes se seraient éten-dues et se seraient élargies. (Interruption. A la question ! ) Je ne parleplus, jen conviens, des encouragements donnés à lagriculture, mais dessacrifices quon lui demande, et, à propos dune loi dencouragement, jepuis bien exprimer le désir quon ne lui impose pas si souvent des sacrificesintolérables. [Quelques voix. Cest vrai!) De quoi ne la menace-t-on pas en-core? On la menace pour lencourager, sans doute, on devrait dire plutôtpour légorger, on la menace, dun côté, de limpôt sur le revenu mobilierqui va prélever sur le fermier la dîme de ses sueurs et de son industrie(A la question !) ; on la menace , dun autre côté, de limpôt progressif quifrappe le petit comme le grand propriétaire dans son épargne et dans sontravail, et semble le punir de son labeur et de son incessante activité ; certes,lorsquune question agricole est portée à cette tribune, on a bien le droitde demander quon fasse disparaître cette épée de Damoclès quon suspendsur sa tête.

Si vous devez ne nous donner que des encouragements de cette nature,supprimez vos projets dorganisation denseignement agricole, supprimezles chambres consultatives, supprimez vos comices; ne nous accordez plusde primes; car si, toutes les fois que vous nous donnerez un, vous nousdemandez cent, si le Gouvernement devient un prêteur à la petite semaine,nous aimons mieux quil ne pense pas à nous, et nous le remercions de sesprétendus bienfaits.

Le citoyen Goudchaux, ministre des finances. Prêteur à la petite semaine !

Je demande la parole.

Le citoyen Hovyn-Tranchère. Si on me laissait achever ma pensée, on lacomprendrait peut-être mieux.

Le citoyen ministre des finances. Expliquez votre pensée. (Mouvement.)

Le citoyen Hovyn-Tranchère. M. le ministre des finances, par une juste