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des contributions directes, on serait arrivé à un meilleur résultat, non-seit*lement politique, mais encore financier; car, que serait-il immédiatementarrivé? La confiance générale du pays aurait succédé à la méfiance ; le paysaurait compris que le Gouvernement était enfin décidé à entrer dans la voiedu bon marché réel, qui se traduit pour le cultivateur dans la diminutionde ses impôts, et je suis convaincu alors que vous n’auriez pas eu ce déficitconsidérable qui diminue aujourd’hui les recettes des contributions indi-rectes. Je suis convaincu que si la confiance avait été plus générale, toutesles transactions qui alimentent les contributions indirectes se seraient éten-dues et se seraient élargies. (Interruption. — A la question ! ) Je ne parleplus, j’en conviens, des encouragements donnés à l’agriculture, mais dessacrifices qu’on lui demande, et, à propos d’une loi d’encouragement, jepuis bien exprimer le désir qu’on ne lui impose pas si souvent des sacrificesintolérables. [Quelques voix. C’est vrai!) De quoi ne la menace-t-on pas en-core? On la menace pour l’encourager, sans doute, on devrait dire plutôtpour l’égorger, on la menace, d’un côté, de l’impôt sur le revenu mobilierqui va prélever sur le fermier la dîme de ses sueurs et de son industrie(A la question !) ; on la menace , d’un autre côté, de l’impôt progressif quifrappe le petit comme le grand propriétaire dans son épargne et dans sontravail, et semble le punir de son labeur et de son incessante activité ; certes,lorsqu’une question agricole est portée à cette tribune, on a bien le droitde demander qu’on fasse disparaître cette épée de Damoclès qu’on suspendsur sa tête.
Si vous devez ne nous donner que des encouragements de cette nature,supprimez vos projets d’organisation d’enseignement agricole, supprimezles chambres consultatives, supprimez vos comices; ne nous accordez plusde primes; car si, toutes les fois que vous nous donnerez un, vous nousdemandez cent, si le Gouvernement devient un prêteur à la petite semaine,nous aimons mieux qu’il ne pense pas à nous, et nous le remercions de sesprétendus bienfaits.
Le citoyen Goudchaux, ministre des finances. Prêteur à la petite semaine !
Je demande la parole.
Le citoyen Hovyn-Tranchère. Si on me laissait achever ma pensée, on lacomprendrait peut-être mieux.
Le citoyen ministre des finances. Expliquez votre pensée. (Mouvement.)
Le citoyen Hovyn-Tranchère. M. le ministre des finances, par une juste