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allées les subventions et les primes? Nous devons le reconnaître, parce quec’est un fait réel, constant, les doctrines de Colbert l’ont toujours emporté,dans les conseils politiques, sur les doctrines de Sully. ( C’est vrai !)
Tandis que l’industrie émargeait largement au budget des dépenses del’État, l’agriculture ne figurait qu’au budget des recettes pour y supporterles charges les plus lourdes de l’impôt. (C’est vrai!)
Je n’ai certes pas l’intention d’élever ici une rivalité fâcheuse entre l'in-dustrie et l’agriculture. Je crois que le champ est assez vaste dans notre beaupays de France, pour qu’elles puissent toutes les deux grandir ensemble enforce et en beauté; mais à propos d’une loi d’encouragement, je tenaisà constater que, jusqu’à ce jour, on n’avait songé à l’agricul-ture que pour3a grever de nouveaux impôts, et que les mains de nos hommes politiquesne s’étaient approchées du labourage et du pâturage, ces deux mamelles del’État, que pour en tarir les sources sacrées..
Une voix. C’est vrai !
Le citoyen Hovyn-Tranchère. Je le dis à regret, la République, sur cepoint et sur quelques autres, dit-on, a suivi les errements de la monarchie ,et jusqu’à présent, dans le fond de nos campagnes, on ne s’est aperçu duchangement du Gouvernement que par l’aggravation de l’impôt.
Il y a quelques jours, un éloquent et loyal orateur, M. Servières, nousdisait que l’impôt progressif tuerait la République. Je dirai, en n’allantpeut-être pas aussi loin, que toute augmentation d’impôt tend à la décon-sidérer et la dépopulariser, et je suis étonné que les profonds politicjues duGouvernement provisoire, de la commission exécutive et du Gouverne-ment actuel , n’aient pas songé qu’il était beaucoup plus habile d’envoyer ànos départements une diminution d’impôts, quelque légère qu’elle fût,qu’un supplément de commissaires, quelques bonnes que fussent leurs in-tentions. (Très-bien! très-bien?)
Un membre. On trouve plus facilement des commissaires que de l'argent.
Le citoyen Hovyn-Tranchère. Au lieu d’inventer l’impôt des 45 centimes...
Une voix. A la question !
Le citoyen IIovyn-Tranchère. Je suis dans la question, car je ne pense pasque l’impôt des 45 centimes puisse être considéré comme un encourage-ment.
Je crois que, si au lieu d’inventer l’impôt des 45 centimes, on eût immé-diatement diminué de 5 p. o/o sur tout le territoire de la France le chiffre
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