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pas une solution prompte et complète, l'enseignement agricole serait in-complet; bien plus, il serait impraticable.
Si continuellement, lorsque l’agriculture vient élever sa voix, dans cetteenceinte, elle est repoussée, eh, mon Dieu! qu arrivera-t-il? C’est que, parun juste retour des choses d’ici-bas, les agriculteurs vous refuseront à leurtour de donner des subventions aux fonctionnaires publics pour lesquelsvous réservez tous les émoluments de votre budget, toutes vos caresses mi-nistérielles.
Aujourd’hui, personne ne met en doute que, pour que l’agriculturemarche, aille en avant, progresse, il faut au propriétaire de bons agentsde culture pratique. Eh bien, Messieurs, la ferme-école n’a pas d’autrebut; la ferme-école ne crée pas, comme le disait hier M. Dezeimeris, desrégisseurs et des contre-maîtres, elle ne porte pas aussi haut son ambition,elle crée des métayers, de bons maîtres-valets, de bons laboureurs. Tousceux qui ont voulu faire par eux-mêmes de l’agriculture, savent parfai-tement que ce sont ces agents pratiques de l’agriculture qui nous manquent,qui nous font défaut.
M. le ministre défendra tout à l’heure mieux que moi, assurément, etavec toute la force de sa raison et de son expérience, le côté utile, les dé-tails et l’économie du projet de décret qu’il vous a présenté, et je suisconvaincu que devant les considérations qu’il émettra avec la juste autoritéde son expérience et de sa raison, l’Assemblée n’hésitera pas à voter avecnous le projet de décret sur l’organisation de l’enseignement agricole.
Le citoyen Président. La parole est à M. le ministre de l’agriculture.
Le citoyen ministre de ïagriculture. Permettez moi, citoyens, de ramenerla question au point qu’elle n’aurait pas dû quitter. On demande l’ajourne-ment sur un projet que, pour ma part, je regarde comme de la plus indis-pensable nécessité. La préoccupation de l’Assemblée semble être qu’il estaujourd’hui inapplicable, parce que je n’ai pas dans la main les élémentsindispensables pour créer ce que je demande.
C’est sur ce point surtout que je veux rassurer l’Assemblée. Tenezpour certain que, pour ma part, ce que je regarde comme indispensable,c’est la valeur de l’homme; je sais parfaitement que tant vaut l’hommetant vaut la chose. On nous parle aujourd’hui d’hommes qui ont fait demauvaises affaires pour leur compte, et qui se présentent pour diriger nosétablissements; précisément parce qu’ils se présenteront dans cette condi-