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lion, je ne dis pas que je les refuserai, mais je dis qu’à leur égard l’exa-men sera plus sévère.
Regardez comme certain que si, malgré les 5 oo,ooo francs que je de-mande sur le budget de 18/18, il ne m’est pas possible de créer une fer-me-écoie par département, au lieu de cent je n’en créerai pas dix; tenezpour certain, au point de départ où nous sommes pour le progrès à fairefaire à l’agriculture, qu’il est indispensable que nous n’échouions pas ; c’estlà comme en politique : si l’on échoue, on recule d’un siècle. On dit: Vousle voyez bien, l’essai est infructueux, il est malheureux, et plus tard onne sait plus que faire. Ceci dit, je viens en deux mots vous montrer quej’ai commencé par où je devais commencer pour organiser notre agricul-ture et la mener au progrès.
Qu’est-ce qui manque à l’agriculture?Et pas d’impatience, je vous prie, jene veux pas traiter le fond de la questionne comprends qu’au moment oùnous sommes arrivés, tout discours sur l’agriculture est inutile; nous trai-terons les questions au fur et à mesure de la discussion des articles, maisje tiens à prouver que j’ai commencé par où je devais commencer.
Qu’est-ce qui manque à l’agriculture? Les capitaux; où vont-ils? Là oùils sont protégés, là où l’intelligence les emploie. Protection des capitaux,intelligence pour les employer, voilà ce qu’il faut.
Eh bien ! la protection des capitaux, elle sera assurée par une bonne policerurale, par de bonnes lois organiques qui en défendront les intérêts, et, leuremploi, par une bonne intelligence; mais cette bonne intelligence, qui peutla créer? Ce sont les écoles, cela est incontestable. Or, croyez-vous que lespropriétaires principalement intéressés à employer des capitaux, parce queseuls ils en profitent, soient désireux de rester aux champs? Ils ne peuventse contenter des hommes au-dessous de l’ordinaire qui les entourent, carvous savez que c’est là précisément la faiblesse de notre culture : tout ce quia quelque valeur, quelques ressources, quitte les champs, veut être artisanet aller à la ville. Eli bien, il faut les fixer à la campagne, de façon à ceque leur intelligence soit employée.
Les hommes de cœur et de valeur sont indispensables aux capitaux pourqu’ils soient bien employés. Eh bien, j’en appelle à tous ceux qui ont faitde l’agriculture : 11’est-il pas vrai, oui ou non, que, quand vous vouliez fairede l’agriculture, vous deviez être vous-même votre premier valet de ferme ?(Oui! c’est vrai!) n’est-il pas vrai qu’il ne fallait pas quitter d’un instant,