ê
— 452 —
double dans une grande exploitation, où les travaux sont très-divisés, ou lacharge à porter sur tel ou tel champ peut éclairer celui qui a intérêt à nepas renouveler la pratique de telle ou telle culture sur tel ou tel champ ;mais apprendre la comptabilité à l’homme pratique, qui met la main à labêche, j’avoue que je n’en vois pas l’extrême utilité.
Ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est ceci : on veut lui enseignerl’art vétérinaire, lui donner les notions les plus indispensables pour dotertoutes les contrées de vétérinaires sérieusement agricoles.
Vous voyez quelle est la prétention. . . (Dénégations.)
Je tire ce fait du projet ministériel. J’ai employé les termes mêmes del’exposé des motifs.
Le citoyen Ministre de l'agriculture et du commerce J’expliquerai les motifs.
Le citoyen haussât. Je crois qu’il est impossible que prenant ( et il fautle faire), prenant, pour rendre l’institution utile, les ouvriers à la charrue,les faisant asseoir sur les bancs pendant quatre heures par jour, vous puis-siez, en trois ans, donner des notions élémentaires à des hommes dontl’éducation avait été jusque-là si incomplète, et en faire autant de vétérinairessérieux.
Il me semble, en dernière analyse, que la nécessité de former l’ouvrierpratique n’est pas assez démontrée pour qu’on crée des écoles exprès dansl’intention de former des laboureurs, des faucheurs, ou d’habituer les ou-vriers à un travail purement manuel.
Je crois que la comptabilité nécessaire aux petits agriculteurs pourraitdevenir l’objet de l’éducation élémentaire dans l’école primaire, et y seraità sa place; et enfin, je crois qu’il est impossible de remplir le troisièmeobjet d’une manière suffisante pour justifier la création des fermes-écoles quicoûteraient beaucoup d’argent.
Ensuite il y aurait, à côté de cela, un bien autre inconvénient, à monsens.
Je suppose que vous ayez formé vos 80 ou vos 36o écoles comme vous ledésirez; en voici le résultat : vous jetterez sur le pavé au moins 3,6oo ou-vriers, 3,6oo hommes qui ne pourront pas se contenter naturellement dusalaire ordinaire de vos campagnes; il faudrait trouver à les utiliser. Jeconçois parfaitement que celui qui a une exploitation considérable, une ex-ploitation d’une étendue de 100 hectares même, je conçois qu’il puissefaire, jusqu’à un certain point, le sacrifice d’une partie des revenus de ses
1