Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
451
JPEG-Download
 

451

pour pouvoir faire comprendre quelle était lanalogie naturelle entre lestrois écoles agricoles et les idées qui en suggèrent la création.

M. le ministre dit: il faut créer des agricultures pratiques; nous vous pro-posons la ferme-école dans tous les départements. M. le ministre dit en-suite : nous voulons à côté de cela une éducation théorique plus élevée ;nous vous proposons la création des fermes régionales, et, enfin, pour sub-venir à ce besoin de professeurs, nous vous proposons lInstitut agricole.Voilà les termes du projet de M. le ministre.

Le premier article, tel quil est proposé par la commission, résume cestrois questions , et dit: il y aura des fermes-écoles, des fermes régionales etlinstitut.

Jai commencé par poser chacune de ces questions, car je ne puis pas ar-river à traiter le système en les séparant lune de lautre. (Parlez ! parlez !)

La ferme-école, suivant M. le ministre, est celle dans laquelle doit êtreprofessée lagriculture pratique. Pour cela il faudra sadresser aux ouvriers,et voici ce quon se proposedenseigner aux ouvriers :

«La pratique rsaionnée des principales opérations de la culture, puis lathéorie expliquant les faits et les contrôlant par lenseignement, puis, danslInstitut national, est la pépinière des professeurs. »

Dans la première école, cest purement louvrier auquel on veut ensei-gner trois choses : dabord lemploi raisonné des instruments, puis la com-ptabilité , puis, enfin, lart vétérinaire dans une certaine étendue.

Enseigner la pratique au paysan ! à celui qui constamment a été auxprises avec les difficultés du métier ! je vous demande un peu quelle utilitépourra résulter de lui apprendre à mieux bêcher et à mieux labourer ?Dailleurs, nest-il pas vrai que presque toujours cest la pratique qui formele bon ouvrier, et que, restât-il trois ans dans ces écoles, il ne sauraitpeüt-être pas mieux, ou même aussi bien se servir de ces instruments quecelui qui fait ce métier depuis six ou sept ans.

A part cette facilité de donner ce quon appelle, en termes du métier,le coup de main, je ne sais pas si un professeur emploiera bien son tempsà donner de pareilles leçons.

Quant au second enseignement, qui consiste à enseigner la comptabilité,je ne crois pas quil soit indispensable davoir des fermes-écoles uniquementpour former des comptables dans leur application à la petite culture. Jeconçois parfaitement la nécessité dappliquer la comptabilité en partie

5 7 .

i