— 451 —
pour pouvoir faire comprendre quelle était l’analogie naturelle entre lestrois écoles agricoles et les idées qui en suggèrent la création.
M. le ministre dit: il faut créer des agricultures pratiques; nous vous pro-posons la ferme-école dans tous les départements. M. le ministre dit en-suite : nous voulons à côté de cela une éducation théorique plus élevée ;nous vous proposons la création des fermes régionales, et, enfin, pour sub-venir à ce besoin de professeurs, nous vous proposons l’Institut agricole.Voilà les termes du projet de M. le ministre.
Le premier article, tel qu’il est proposé par la commission, résume cestrois questions , et dit: il y aura des fermes-écoles, des fermes régionales etl’institut.
J’ai commencé par poser chacune de ces questions, car je ne puis pas ar-river à traiter le système en les séparant l’une de l’autre. (Parlez ! parlez !)
La ferme-école, suivant M. le ministre, est celle dans laquelle doit êtreprofessée l’agriculture pratique. Pour cela il faudra s’adresser aux ouvriers,et voici ce qu’on se proposed’enseigner aux ouvriers :
«La pratique rsaionnée des principales opérations de la culture, puis lathéorie expliquant les faits et les contrôlant par l’enseignement, puis, dansl’Institut national, est la pépinière des professeurs. »
Dans la première école, c’est purement l’ouvrier auquel on veut ensei-gner trois choses : d’abord l’emploi raisonné des instruments, puis la com-ptabilité , puis, enfin, l’art vétérinaire dans une certaine étendue.
Enseigner la pratique au paysan ! à celui qui constamment a été auxprises avec les difficultés du métier ! je vous demande un peu quelle utilitépourra résulter de lui apprendre à mieux bêcher et à mieux labourer ?D’ailleurs, n’est-il pas vrai que presque toujours c’est la pratique qui formele bon ouvrier, et que, restât-il trois ans dans ces écoles, il ne sauraitpeüt-être pas mieux, ou même aussi bien se servir de ces instruments quecelui qui fait ce métier depuis six ou sept ans.
A part cette facilité de donner ce qu’on appelle, en termes du métier,le coup de main, je ne sais pas si un professeur emploiera bien son tempsà donner de pareilles leçons.
Quant au second enseignement, qui consiste à enseigner la comptabilité,je ne crois pas qu’il soit indispensable d’avoir des fermes-écoles uniquementpour former des comptables dans leur application à la petite culture. Jeconçois parfaitement la nécessité d’appliquer la comptabilité en partie
5 7 .
i