Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
455
JPEG-Download
 

— 455 —

Voyons maintenant ce qu’il faut penser de l’institut. Nous pouvons facile-ment apprécier l’importance de l’édifice par le faîte et le fronton.

De quoi s’agit-il ? Dans le projet primitif du ministre, il y avait une chosepratique; on disait : Nous nous servirons du parc de Versailles. Dans leprojet, tel qu’il est transformé par la commission, il n’est plus questionseulement du parc de Versailles, il faut tout le domaine de Louis XIV; ilfaut une ferme, neuf hectares et demi de potagers, un haras, des vacheries,sans compter les frais de l’école. Ce n’est pas fini ; on y enseignera tout : ily aura les cours qui se font aux arts et métiers; il y aura absolument lesmêmes cours qu’au Jardin des plantes, la tailla des arbres; les mêmeschoses qu’au Luxembourg, la coupe des vignes; les mêmes choses qu’à1 ecole de Nancy, une école de sylviculture; et naturellement, à côté du haraset de la ferme d'expérimentation, il y aura un établissement comme il yen a un à Alfort, comme il y en a un à Lyon.

Là-dessus il faut consulter ce que promet le rapport fait par la commis-sion. Voici le texte : «Il s’agit de faire une révolution dans les sciencesappliquées à l’agriculture ; de procurer à l’agriculture de hautes intelligences,de lui fournir des Newton, des Laplace, des Cuvier; de créer un capitalmoral à côté du capital matériel; de donner au pays des hommes de génie,juges souverains de toutes les conceptions dans l’industrie rurale, et defournir des ouvriers à la grande manufacture de la nature. »

Vous voyez que le projet est vaste, il est grandiose; je cite textuel-lement.

Un représentant. En dénaturant!

Le citoyen Laassat. Je vous demande pardon, je n’ai rien dénaturé; j’aicité textuellement.

Les résultats, comme vous le voyez, doivent être bien considérables,et l’on vous promet tout cela. Mais que coûtera cet établissement, quecoûtera la réunion de toutes ces choses, la centralisation à Versailles, dansce magnifique parc, de ces écoles qu’il faut créer? Qu’est-ce que cela coû-tera? On vous dit que cela ne coûtera que trois cent mille francs; car,dit-on, l’exploitation suffira aux dépenses. Voulez-vous savoir commentjusqu’ici ces grandes écoles, qui ont été administrées soit par Mathieu deDombasle, cet homme devant lequel nous devons tous nous incliner, soitparRieffel, spit par tous les professeurs connus de la France, qui ont