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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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on sesl livré à la culture du froment. Il y a dix-huit ans, on la regardaitcomme impossible, et aujourdhui cette culture est devenue notre prin-cipale. Pourquoi cela? Parce que les hommes qui avaient plus de har-diesse dans les idées que les simples agriculteurs, savaient positivementque le sol de notre pays était susceptible de produire des céréales de touteespèce et particulièrement le froment.

Il y a, dit-on, des savants qui se sont ruinés en agriculture!

Je conçois quon peut être très-fort en théologie, très-fort en médecine,quon peut être un très-grand philosophe et échouer en agriculture-, maisje ne crois pas quon soit savant en agriculture quand on fait des entreprisesextravagantes, et quon ne sait pas les conduire.

Et cest précisément pour éviter cet écueil que japprouve le projetqui est présenté par M. le ministre de lagriculture.

On ne fait, vous dit-on, citoyens, de lagriculture quavec de largent!

Je sais quil faut de largent pour lagriculture; aussi je vois avec plaisirque M. le ministre des finances vient de proposer le projet du crédit fon-cier, et jespère que lagriculture trouvera dans ce projet les ressourcesdont elle a aujourdhui un besoin pressant.

Lhonorable orateur qui descend de cette tribune a voulu mêler la ques-tion agricole, et il a pensé ou du moins il a paru insinuer que, dans sonprojet denseignement, le Gouvernement avait pour but dacquérir de lin-fluence dans les campagnes pour multiplier les votes favorables à la Répu-blique.

Pour mon compte, je ne men afflige pas, je sais parfaitement commentse pratiquent les élections dans nos campagnes, et je désire vivement queles électeurs de nos contrées, comme ceux de la plupart des pays de laFrance, fassent leur éducation politique et morale. Je suis convaincu que,sous ce rapport, M. le ministre de lagriculture rendra service au pays, caril est certain que les hommes qui ont acquis de linstruction, qui se sontlivrés à des études sérieuses, sont plus à même de juger les citoyens quiméritent de venir les représenter à lAssemblée nationale.

Ainsi donc, je massocie encore, au point de vue politique, aux idéesde M. le ministre de lagriculture, si toutefois il a eu pour but de répandrelenseignement politique dans les campagnes.

Citoyens, on a demandé à M. le ministre comment il pourra trouverdes professeurs. M. le ministre de l'agriculture vous a expliqué son inten-