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on s’esl livré à la culture du froment. Il y a dix-huit ans, on la regardaitcomme impossible, et aujourd’hui cette culture est devenue notre prin-cipale. Pourquoi cela? Parce que les hommes qui avaient plus de har-diesse dans les idées que les simples agriculteurs, savaient positivementque le sol de notre pays était susceptible de produire des céréales de touteespèce et particulièrement le froment.
Il y a, dit-on, des savants qui se sont ruinés en agriculture!
Je conçois qu’on peut être très-fort en théologie, très-fort en médecine,qu’on peut être un très-grand philosophe et échouer en agriculture-, maisje ne crois pas qu’on soit savant en agriculture quand on fait des entreprisesextravagantes, et qu’on ne sait pas les conduire.
Et c’est précisément pour éviter cet écueil que j’approuve le projetqui est présenté par M. le ministre de l’agriculture.
On ne fait, vous dit-on, citoyens, de l’agriculture qu’avec de l’argent!
Je sais qu’il faut de l’argent pour l’agriculture; aussi je vois avec plaisirque M. le ministre des finances vient de proposer le projet du crédit fon-cier, et j’espère que l’agriculture trouvera dans ce projet les ressourcesdont elle a aujourd’hui un besoin pressant.
L’honorable orateur qui descend de cette tribune a voulu mêler la ques-tion agricole, et il a pensé ou du moins il a paru insinuer que, dans sonprojet d’enseignement, le Gouvernement avait pour but d’acquérir de l’in-fluence dans les campagnes pour multiplier les votes favorables à la Répu-blique.
Pour mon compte, je ne m’en afflige pas, je sais parfaitement commentse pratiquent les élections dans nos campagnes, et je désire vivement queles électeurs de nos contrées, comme ceux de la plupart des pays de laFrance, fassent leur éducation politique et morale. Je suis convaincu que,sous ce rapport, M. le ministre de l’agriculture rendra service au pays, caril est certain que les hommes qui ont acquis de l’instruction, qui se sontlivrés à des études sérieuses, sont plus à même de juger les citoyens quiméritent de venir les représenter à l’Assemblée nationale.
Ainsi donc, je m’associe encore, au point de vue politique, aux idéesde M. le ministre de l’agriculture, si toutefois il a eu pour but de répandrel’enseignement politique dans les campagnes.
Citoyens, on a demandé à M. le ministre comment il pourra trouverdes professeurs. M. le ministre de l'agriculture vous a expliqué son inten-