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ioir, et de priver le Gouvernement de la République de la popularité qu’ilpourrait acquérir dans nos campagnes par l’adoption de ce projet.
Je crois, pour mon compte, que ce projet préoccupe infiniment peules vrais, les sérieux agriculteurs; je crois que ceux qu’il préoccupe sur-tout c’est une certaine classe d’agronomes malheureux et incompris qui sesont ruinés en faisant de l’agriculture à leur frais, et qui seraient enchantésde recommencer leurs expériences aux frais de l’État. (On rit.) Voilà, engénéral, quels sont les hommes que préoccupe surtout ce projet d’en-seignement.
Je crois que ce qu’on vous demande surtout dans nos campagnes, c’estde rétablir le plus promptement possible l’ordre et la confiance, et aussil’équilibre dans les finances.
Je crois que l’opinion très-arrêtée des habitants de nos campagnes, c’estque l’argent le mieux placé est celui qu’on leur laisse et non pas celui qu’onattire par une foule de canaux dans le vaste réceptacle du trésor même pourl’en faire sortir ensuite sous forme d’institutions humanitaires et philanthro-piques.
Ne perdez pas de vue qu’il s’agit d’une dotation perpétuelle de 6 à 7 mil-lions , et qui suffira seulement, d’après la déclaration de M. le ministre,pour quelque temps encore. Je prie aussi l’Assemblée de ne pas croirequ’en rejetant le projet, elle votera contre une grande conception républi-caine. Non, Messieurs, ce projet n’émane point du Gouvernement républi-cain, il était déjà accepté et patroné par le dernier ministre de l’agriculturede la monarchie; cela a été une de ses erreurs, cela a été l’erreur d’unhomme qui, je suis très-heureux de le dire ici, a rendu à l’agriculture, enFrance, de grands et signalés services.
Quelques voix. Lesquels? (Mouvement.)
Une voix. Pas d’ingratitude surtout, Messieurs!
Le citoyen Buffet. Mais, au fond, je persiste à penser que, malgré quelquesdéclarations qui tendraient à faire croire le contraire, que ce projet n’ap-' partient en propre ni à l’honorable M. Cunin-Gridaine, ni à l’honorableM. Tourret; je crois qu’il est l’œuvre d’un pouvoir qui se perpétue et quise perpétuera sans doute toujours sous tous les gouvernements, sous tousles ministères. Ce pouvoir, Messieurs, s’appelle la bureaucratie. Je suis d’avisque le projet n’est, à proprement parler, ni royaliste, ni républicain; il estbureaucratique. Je le repousse. (Marque d’approbation.)