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disposition la centième partie d’un hectare : cela est vrai, surtout lorsqu’onenseigne les populations rurales.
11 y a de par le monde agricole, ou prétendu tel, car je dois vous direqu’il y a très-peu de véritables agriculteurs en France; il y a, dis-je une es-pèce d’idée fausse que j’espère rectifier ; c’est celle-ci : on ne peut faire del’agriculture pratique dans une école et encore moins dans un livre. J’en de-mande bien pardon à ceux qui prétendent cela, ils se-trompent précisémentparce qu’ils n’ont pas une idée bien nette de la pratique et de la théorie.
Qu’est-ce que la pratique ? L’application raisonnée de la théorie. Qu’est-ce que la théorie? L’explication rationnelle des faits; j’entends la bonnethéorie.
Ainsi, par exemple, si un instituteur, voulant enseigner à ses élèves laculture de la betterave, leur dit qu’il faut deux ou trois labours suivis d’unégal nombre de hersages pour ameublir le terrain; que ces labours doiventavoir une profondeur de 25 à 3o centimètres et plus, si le sous-sol le per-met; qu’on doit enfouir 5o mètres cubes de fumier, et le double si on l’aà sa disposition; qu’il faut espacer les plantes à 5o centimètres, etc., assuré-ment, cet instituteur fait de la pratique.
Si, après cela, il dit pourquoi il est utile de faire des labours profondset des hersages répétés, de mettre telle quantité d’engrais, d’espacer lesplantes à telle distance, etc., alors il fait de la théorie.
Vous voyez, Messieurs, que la pratique ne consiste pas seulement àmanier la bêche et la charrue, cela ne fait pas la centième partie de la pra-tique agricole. Je pourrais vous en parler pendant une semaine, et je nevous dirais pas tout.
Je sais fort bien que l’instituteur primaire ne pourra pas montrer à sesélèves à tenir les mancherons d’une charrue et à manier une bêche, maissoyez sans inquiétude : lorsqu’il leur aura bien fait comprendre quelles doi-vent être les qualités d’un bon labour, ils iront chercher à la ferme-écolel’instrument perfectionné qui leur manque.
Vous devez voir, Messieurs, qu’on peut faire de l’agriculture théorique etpratique dans les écoles communales, et quelles seront une large basepour l’enseignement professionnel.
Les écoles primaires auront sur les autres établissements un avantage con-sidérable; car, avec quelques milliers de francs pour payer le professoratdes écoles normales, on donnera l’enseignement à des milliers délèves.