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quelles ne seront pas déçues, d’autant plus que, si nous nous en rappor-tons aux expériences qui ont déjà été faites, nous pourrions avoir de gravesinquiétudes. Il n’est malheureusement que trop vrai que toutes les écolesqui ont été établies depuis huit ou dix ans ont donné des élèves qui n’ontpu être placés nulle part comme élèves agricoles praticiens. C’est une chosefâcheuse. Il faut espérer que, grâce à la prévoyance de M. le ministre del’agriculture, nous n’aurons pas cela à craindre pour les écoles qu’il veutfonder.
Quant au genre d’élèves qui devra être admis dans ces écoles, nousvenons demander, pour qu'on nous donne réellement des ouvriers agricoles,pour qu’on débarrasse réellement la ville d’un excédant de population quilui est nuisible, que l’on choisira les élèves de préférence parmi cette classetrop nombreuse d’enfants que l’article 66 du Code pénal fait retenir pendantquatre, cinq et six ans, dans les prisons, qu’on y appelle encore les jeunesorphelins, et en même temps les enfants abandonnés qui sont dans leshospices.
Ce qui m’a déterminé à vous présenter cet amendement, c’est que, faisantpartie d’une commission choisie dans le sein de votre comité du travail,nous avons eu à visiter le pénitencier de la Roquette, et, en même temps,l'établissement agricole de Mettray, et là nous avons vu ce qu’il est bonpeut-être de mettre sous vos yeux.
A la Roquette, nous avons vu des enfants condamnés à cinq, six et huitans de réclusion pour avoir été coupables, soit de vagabondage, soit de volcommis par ignorance du bien et du mal, et souvent jjar le mauvaisexemple, et même par les incitations de leurs parents, nous avons vu cespauvres enfants enfermés tout le jour et toute la nuit dans des cellulesde 6 à 10 pieds carrés, en présence d’un livre qu’ils ne savaient pas lire,d’un cahier d’écriture, et exposés, depuis la suspension du travail, à cesvices honteux qui tuent le corps et l’intelligence ; nous avons vu ces mal-heureux enfants, recevant pour toute la journée une heure de récréation,et quelle récréation! dans une cour isolée, abandonnés à eux-mêmes, sansaucune des distractions qui sont nécessaires à ce jeune âge.
Que doit-il arriver d’un pareil état de choses? C’est que ces enfants ren-trent dans le monde et n’en connaissent rien; ils ont un état qui ne peutsouvent leur donner le pain dont ils ont besoin ; les deux tiers de ces enfantsrentrent dans le prisons pour récidive, et quelques-uns, plus tard, alimen-