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'lent les maisons de détention, et malheureusement assez souvent lesbagnes.
Quant aux enfants élevés dans nos hospices, quant aux. jeunes orphelins,'qu’arrive-t-il encore? C’est que, sortis de ces maisons, ils entrent commeouvriers dans les villes, ils viennent surcharger une population déjà tropnombreuse, et ajouter aux jeunes gens qui abandonnent les champs pourvenir prendre, je ne dirai pas les joies de la ville, mais en même tempstous les vices qui les accompagnent.
A Mettray, au contraire, nous avons vu cinq cents enfants pris dans lepénitencier dont je parlais tout à l’heure, réunis par groupes de famillesde quarante à cinquante, choisissant entre eux ce qu’ils appellent des frèresaînés, prenant la vie de famille, s’attachant les uns aux autres, et s’y atta-chant tellement, que les peines et les récompenses qu’on donne à l’un d’euxdeviennent les punitions ou les récompenses de toute la famille ; nous avonsété touchés de voir ces enfants réunis dans l’église, non par hypocrisie,mais par un sentiment vrai, recueillant les paroles qui tombaient de lachaire.
Nous avons vu ces enfants, occupés à un travail très-pénible, se livreraussi à tous les jeux nécessaires à cet âge; nous avons vu des enfants, dontla santé avait été longtemps détériorée, y retrouver une bonne santé, sereti’emper, au physique comme au moral, sous l’influence des bons soinsqui leur sont donnés par des sœurs de charité, qui remplacent les mèresqu’ils ont perdues; nous les avons vus dans les champs, vêtus d’un habille-ment de toile, qu’ils ne quittent ni l’hiver ni l’été, se livrer à des travauxaussi rudes, peut-être plus rudes que ceux qu’ils auront plus tard, et nousnous sommes dit que ces enfants seraient heureux , qu’en sortant du péni-tencier de Mettray, ils deviendraient des ouvriei's agricoles ; par conséquent,nous vous demandons de dire dans la loi que les élèves qui seront admisdans les fermes-écoles seront pris, soit parmi les jeunes détenus d’abord,soit parmi les enfants orphelins et les enfants abandonnés.
Il ne faut pas se le dissimuler, il y a, comme je vous l’ai dit, uneespèce de réprobation partout contre les fermes-écoles; elles n’ont pasréussi jusqu’à ce jour. Il importe donc, pour le succès des écoles que vousvoulez établir, de prendre des élèves qui puissent remplir le but que vousvoulez atteindre. Si vous prenez des enfants de huit, dix, douze ans, et lesgardez dans des colonies agricoles jusqu’à l’âge de dix-huit ans, vous aurez