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seigneincnt agricole devait être supporté à la fois et par l’Etat et par lesdépartements. Je crois que ce fait n’est pas contesté. Ainsi l’auloi'ité desconseils généraux invoquée par M. le ministre de l’agriculture et du com-merce ne doit pas s’appliquer à l’enseignement agricole aux frais exclusifsde l’Etat, mais à l’enseignement agricole auquel les départements étaientappelés à concourir.
Il ne peut pas être question ici d’un concours facultatif, mais d’un con-cours obligatoire ; car il est évident que toujours un département pourraitprendre à sa charge une partie de la dépense que la loi mettrait à la chargede l’Etat; mais il s’agit d’un concours sérieux, d’un concours écrit dansla loi : une ferme-école ou une ferme régionale ne pourra être établie dansun département ou dans une certaine circonscription qu’autant que les dé-partements viendront apporter leur concours financier; et ce concoursfinancier ne doit pas seulement avoir pour objet de venir à la décharge dutrésor public, à la décharge des contribuables; il aura aussi pour effet cer-tain d’assurer le concours moral du conseil générai, concours précieuxdont il est impossible de se passer sans s’exposer à de grands inconvénients.
Il faut intéresser tous les membres du conseil général à surveiller lesfermes-écoles, à examiner quels sont les sujets qui peuvent y entrer avecprofit pour eux et pour leur département, à surveiller leur instruction, àleur chercher même un emploi lorsqu’ils sortiront des fermes-écoles.
En dehors du concours des départements, je ne crains pas de le dire,vous serez entraînés à des dépenses dont vous ne verrez pas la fin.
En effet, M. le ministre du commerce, dans le chiffre qu’il a présentéh l’occasion dos fermes régionales, ne vous a présenté que les dépenses an-nuelles; rien n’a été dit sur les dépenses pour frais de premier établissement.Cependant ces frais de premier établissement devront être considérables, caril s’agit d’établir des fermes régionales destinées à donner l’exemple dansun vaste rayon; mais pour donner ainsi l’exemple des améliorations agri-coles , il faut nécessairement faire de grandes dépenses, surtout lorsqu’il s’agitd’établir des cultures progressives sur un domaine qui ne peut être tenu àlocation, sur un domaine dont l’Etat doit être propriétaire. Pour offrir à l’a-griculture des modèles, il faut avoir de beaux troupeaux, de nombreux bes-tiaux qui supposent une propriété qu’on ne saurait évaluer à moins de deux.cents hectares: or, une propriété de deux cents hectares représente, dansles conditions ordinaires, un capital de 4oo,ooo francs. Ajoutez à cela les