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M. de Montreuil a la parole.
Le citoyen de Montreuil. Messieurs, hier j’ai eu l’honneur de vous dire quela définition de la ferme-école n’existait pas, et qu’on ne pouvait savoir,d’après les termes mêmes du projet de loi si la ferme-école était un éta-blissement privé ou un établissement régi et administré par l’Etat.
J’ai fait observer qu’en effet, dans l’exposé des motifs de M. le minis trede l’agriculture, le fait n’était pas douteux, et que la ferme-école était bienun établissement privé; mais cela ne suffit pas, il faut que ce soit écrit dansla loi.
Quelle est la rédaction de M. le ministre? La voici : a La ferme-école estune exploitation rurale conduite avec habileté et profit (cela ne veut pasdire que ce soit un établissement privé), et dans lequel des apprentis,choisis parmi les travailleurs et admis à titre gratuit, exécutent tous lestravaux, recevant, en même temps qu’une rémunération de leur travail, unenseignement agricole essentiellement pratique. » Je ne vois pas dans lestermes de cet article la définition de la ferme-école. Voltaire a dit quelquepart : «Pour bien s’entendre, il faut bien définir.» Je ne cesse de répéteravec Locke : « Définissez. » Nous ne profitons pas delà leçon; nous définissonsfort mal, et nous ne tenons pas le moins du monde à être clairs; il estfâcheux qu’en cela nous ne soyons pas de l’école de Voltaire. Que viens-jevous demander? Une rédaction simple, non ambiguë; que l’on y exprimeenfin ce qu’est une ferme-école, ce que vous entendez par là. Je proposela rédaction suivante , parce que je crois quelle détermine le caractèreparticulier de la ferme-école, caractère différent de la ferme régionale, etqu’il faut définir. Voici cette rédaction :
«Les fermes-écolès sont des établissements privés où l'Etat, moyennantune indemnité, place des élèves agriculteurs.
« Ces élèves reçoivent l’instruction agricole du chef de l’établissementet des professeurs qu’il s’est adjoints. »
Quant au second paragraphe, je ferai remarquer qu’il ressort des expli-cations mêmes qui viennent de m’être données par M. le ministre de l’agri-culture.
En effet, que vous a-t-il dit? Il vous a dit qu’il appellerait le concoursdes départements, afin que les fermes-écoles ne fussent pas établies par lesseuls deniers de l’État, Que demandé-je dans le second paragraphe que je
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