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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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bitude de la famille, c’est le souvenir de ce qu’a fait le père, de ce qu’a faitl’ancien, et enfin de tout ce qui est depuis longtemps dans les habitudes dupays.

Est-ce que vous changerez la routine par des primes? Est-ce qu’une primeest un exemple? Est-ce que, lorsque vous aurez donné 5oo francs de primesà un agriculteur, le voisin s’empressera de changer son champ de blé enfourrage ?

Est-ce que vous croyez que vous aurez donné par là un exemple qu’onsuivra avec beaucoup de plaisir? On le suivra lorsqu’une prime est au bout;mais lorsqu’on aura eu la prime, on ne cultivera plus de la même manière;on ne verra que le résultat de la prime, on ne verra pas le résultat qu’onobtient sans la prime. Tandis que, si vous avez une école dans laquelle vousappellerez l’enfant de l’agriculture, du métayer, du petit propriétaire, dupaysan, alors qu’arrivera-t-il? La routine vivra peut-être dans la familleavec une certaine lueur d’espérance tant que l’enfant restera à l’école ; maisquand il reviendra, la science entrera dans la famille à côté de la routine.Sans doute le père éprouvera bien quelque doute encore, sans doute le filssera regardé, là comme ailleurs, comme un novateur imprudent; mais, sion ne l’écoute qu’avec défiance, au moins sera-ce avec affection qu’on le-coutera (Très-bien!), et l’on ne refusera pas au fils de la maison le droitd’essayer, dans un coin du champ paternel, ce qu’il aura appris, et c’est avecquelque orgueil qu’on montrera aux voisins qui ne savent faire que ce quefait le père, le fils, qui sait faire quelque chose de plus et de mieux.(Nouvelle approbation.) Et alors ce ne sera pas seulement la famille, maisencore les voisins qui en profiteront, parce que, jour par jour et à chaqueinstant de la journée, l’enfant introduira dans le cœur du père, par le che-min de l’affection, sinon par celui de la conviction, toutes les bonnes habi-tudes qu’il aura prises. Il se montrera libre avec un instrument qui se con-duit presque de lui-même, au lieu de montrer les efforts malheureuxqu’est obligé de faire le laboureur lorsqu’il est aux prises avec un instrumentimparfait; et alors le père , placé derrière lui, trouvera à son enfant plus deforce et d’aisance. (Légère rumeur.)

Quoiqu’on ne soit pas agriculteur de profession exclusive, on peut l’êtrepar un long séjour dans la campagne. J’ai essayé d’envoyer le fils d’unpaysan dans une école d’agriculture, à Grandjouan, chez M. Jules Rieffel,On riait de lui quand il est arrivé ; mais, comme il était paysan comme les