— 551 —
Le citoyen Président. Alors la parole est à M. Richard, rapporteur de lacommission.
Le citoyen Richard (du Cantal), rapporteur. Citoyens représentants, je croisque depuis que nous discutons nous n’avons pas bien compris l’économieet la marche que veut adopter le Gouvernement dans cette question....
Plusieurs voix. Plus haut! — On n’entend pas!
Le citoyen rapporteur. Je suis très-enrhumé, j’ai très-peu de de voix, et jeréclame l’attention de l’Assemblée.
Le citoyen Victor Lefranc , de sa place. Je respecte le droit de M. le rap-porteur , mais il me semble que ce droit devi’ait s’exercer après la discussion.M. le rapporteur ne devrait pas supprimer la discussion des membres del’Assemblée. (Parlez! parlez!)
Messieurs, mon intention n’est pas de retarder d’un instant l’avantageque nous aurons d’entendre tout à l’heure l’auteur du remarquable travaildont le résultat est soumis à nos délibérations; cependant je désire sou-mettre auparavant quelques considérations à l’Assemblée, en réponse àl’honorable orateur que nous venons d’entendre.
On nous disait tout à l’heure qu’il fallait donner aux conseils départe,mentaux, aux autorités locales le droit de réclamer les institutions d’ensei-gnement que nous votons aujourd’hui, et ne pas les accorder aux départe-ments qui ne le réclameraient pas ; et l’on disait tout de suite le but de cetteproposition : on voulait qu’on n’en établît pas là où les conseils de départe-ments n’en sentiraient pas le besoin.
Il est à craindre, Messieurs, que les pays où ces établissements sont leplus nécessaires ne soient précisément ceux où l’on les jugera le moinsutiles.
Un membre. Pourquoi ?
Le citoyen Victor Lefranc. Pourquoi? On le disait tout à l'heure, on nerenonce pas facilement à la routine. Vous supposiez tout à l’heure que lesdépartements les plus habiles dans l’agriculture seraient précisément ceuxoù les fermes-écoles seraient le plus utiles, et que les départements les plusarriérés sont ceux où elles ne produiraient aucune espèce de bien. Je necomprends pas, je l’avoue, ce raisonnement; mais enfin , on l’a dit : moi,je pense le contraire.
Et, en elfet, si vous voulez réfléchir à ce que c’est que la routine, vouspenserez comme moi. La routine, c’est l’habitude du voisinage; c’est l’ha