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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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avec plus de soin, et les élèves sont plus remarquables que partout ailleurs.

L’objection la plus sérieuse contre l’exploitation rurale par le directeurest celle-ci :

Si on veut que le directeur d’une école régionale soit en même tempsfermier, l’administration sera inévitablement entravée dans le choix deshommes capables, parce que le même individu ne réunit pas toujours lescapitaux et l’intelligence.

Je réponds à cela. Si le directeur est bien choisi, c’est-à-dire s’il est ca-pable de bien diriger et la ferme et l’école, il trouvera toujours un créditsuffisant pour les dépenses de culture et le capital nécessaire à l’acquisitiondu cheptel et des instruments aratoires. D’un autre côté, l’État ne lui fai-sant payer que le fermage du sol, il pourra facilement se libérer des chargesqui lui seront imposées.

Soyez-en convaincus, Messieurs, un homme vraiment habile fera bienses affaires comme fermier, et, par cela même, il sera un excellent direc-teur, car il enseignera aux élèves, par son intelligente gestion, commentil faut s’y prendre pour s’enrichir en agriculture.

Le ministre le plus sévère peut se tromper dans ses choix; les con-’cours, mêmes les plus sérieux, ne prouveront rien ; car un agriculteur peutrépondre d’une manière très-brillante à toutes les questions qui lui serontfaites par un jury, et n’en être pas moins, malgré cela, un fort mauvaisadministrateur.

L’exploitation des fermes annexées aux écoles régionales sera précisément!a pierre de touche de l’habileté ou de l’ignorance des chefs de ces établis-sements.

Si un directeur est incapable, il aura constamment près de lui un ins-pecteur sévère, que l’esprit de coterie, que la protection la plus puissantene feront pas fléchir : c’est son livre de comptabilité. Le ministre lui-mêmene pourra pas maintenir l’homme inhabile ; il faudra forcément qu’il luidonne un successeur.

Alors, Messieurs, vous aurez une véritable instruction professionnellede l’agriculture, on fera des agriculteurs habiles en théorie et en pratique,et non des demi-savants, la pire espèce de faiseurs , surtout dans l’industrieagricole.

Par ces motifs, Messieurs, je vous prie de vouloir bien voter mon amen-dement.