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Le citoyen Salvat. Je viens, au nom de la commission , combattre l’a -mendement qui a pour but de mettre au compte des directeurs des fermesrégionales l’exploitation, et il ne me sera pas difficile de démontrer que,si on acceptait le système de M. Jamet, d’avance on pourrait déclarer queles fermes régionales ne donneront que de très-mauvais résultats.
On a déjà dit qu’il serait très-difficile de trouver en France des hommesen nombre suffisant capables d’être nommés directeurs de fermes régio-nales, c’est à-dire des hommes réunissant le talent, la science et l’aptitudenécessaires pour remplir ces hautes fonctions. Que demande-t-on? D’ajouterencore à ces conditions celle de la fortune. Ainsi il faudra restreindre dansun cercle excessivement étroit le choix que le Gouvernement aura à fairepour les directeurs des fermes régionales.
Mais, en supposant qu’il existât en France un nombre suffisant d’hommesassez éclairés, capables et riches, ces hommes r*mpliraient-ils, je vous ledemande, les conditions qui leur seraient offertes? Vous avez déjà entenduà cette tribune un orateur qui a critiqué avec beaucoup de verve la condi-tion imposée au directeur de la ferme-école de présenter des bénéficesdans son exploitation, sous peine de voir l’État lui retirer ses subventions.Où trouverez-vous, disait l’orateur, le propriétaire qui consentira à fairel’appropriation des bâtiments de sa ferme pour recevoir <fe vingt à trenteélèves, placé sous le coup de cette menace qui peut, d’un jour à l’autre,lui enlever l’école, et rendre inutiles les dépenses qu’il aura encourues? Etcette condition est cependant indispensable; elle est la garantie que laferme-école répond à son but, qui est de servir de modèle aux fermes voi-sines, en même temps que de former d’habiles et intelligents travailleurs.
Maintenant je demande à mon tour, et avec bien plus de raison, quelest le propriétaire agriculteur qui voudra encourir le risque des dépensesénormes que rendra nécessaires l’établissement d’une ferme régionale. Iciencore il faudrait bien réserver à l’Etat, qui subventionnerait, le droit dechanger ce directeur s’il ne répondait pas aux espérances qu’il aurait faitconcevoir, s’il se montrait incapable de gérer cet établissement de hauteutilité publique qui lui aurait été confié. Or, il ne s’agit plus, dans l'écolerégionale, d’une simple dépense de logement pour quelques jeunes ouvriersagricoles; il s’agira de construire ou de disposer des bâtiments pour rece-voir un personnel de dix professeurr qui auront à faire des cours poursoixante élèves au moins ; il s’agira d’appareils, d’instruments pour l’étude