— 180 —
pont au-dessus de la jonction, et l’on arrive sur le pâturagede Pont de Nant en deux ou trois minutes. La route fait unassez long circuit, en remontant la vallée de droite, pourvenir aboutir et mourir au même point.
Le pâturage de Pont de Nant 1 est une des stations les plusalpestres qu’on puisse trouver à pareille hauteur, 1360 mè-tres. La pelouse serait parfaitement unie sans les énormesblocs dont elle est émaillée. C’est la promenade favorite desétrangers qui résident aux Plans, et il n’est pas rare d’ytrouver de nombreuses sociétés. La vue dont on jouit esttotalement différente de celle des bassins inférieurs de la val-lée, et l’effet de surprise est grand. On touche au Muveran;mais on le voit mal, masqué qu’il est par la haute muraillede ses premières assises, au pied desquelles s’abrite un pau-vre chalet. La vue porte tout entière sur les vallées conver-gentes, creusées devant ce colosse, et dont les eaux se réu-nissent au bas de la côte qu’on vient de gravir. Celle quis’ouvre à main gauche est ardue, montante, coupée de paroisaux assises contournées. Dans le fond, par delà les dernièresdécoupures de l’Argentine , qui n’est plus une tête de lion,mais une longue arête finement ciselée, on voit surgir unsommet plus haut que les autres, dont le faite est couronnéd’une bordure de glace ; ce sont les Diablerets. Mais le plusbeau coup d’œil et le plus nouveau s’offre à main droite. Dece côté, s’ouvre la vallée de Nant , profonde et large, dont les
flancs, revêtus de forêts, sont dominés partout de parois
/
1 Nant signifie ruisseau, dans le patois du pays; il est souvent employécomme nom commun : le nant de Javernaz, le nant du Richard, etc.