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abritée et encore mieux exposée. En fait de culture, on netrouve guère aux Plans que des prairies naturelles ; on ycompte les champs de seigle ou de pommes de terre, et les sa-pins y prospèrent mieux que les céréales ; les prairies ne man-quent pas autour de Gryon , les sapins non plus; mais leschamps d’orge, de seigle et de blé s’y dorent au soleil toutautour du village, et les paysans, au mois d’août, y font bonnemoisson. Les Plans ne sont pas même un hameau, mais uneprairie semée de chalets ; Gryon est mieux qu’un hameau,c’est un village, presque un grand village, avec une rue bienmarquée, même des ruelles, une maison d’école qui portele beau nom de collège, une cure, une église, et tout ce quirevient de droit à un chef-lieu de commune. C’est être quel-que chose que d’être de Gryon .
Il n’y a pour le moment que deux hôtels à Gryon . qui sontmoins des hôtels que des pensions d’été, quoiqu’on y soit bienreçu en toute saison. L’un s’appelle la pension Saussaz , l’au-tre la pension Aulet. Ces noms, qui sont ceux des propriétai-res, ont fait de tout temps la joie des étrangers, qui ne se las-sent pas de discuter la question encore incertaine de savoirce qui vaut le mieux de la cuisine au lait ou de la cuisine à lasauce. Le fait est que ce calembourg est classique dans la lo-calité, et qu’il est difficile de passer une heure à Gryon sans enrire au moins deux fois. On rit de tout là-haut, l’air de lamontagne est si bon ! Néanmoins, nous avons voulu en avoirle cœur net ; mais plus nous avons approfondi la question,moins il nous a été possible de la résoudre, tant il y a de res-semblances entre ces deux cuisines rivales. Le fait est que ce