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sont de bonnes cuisines bourgeoises, simples, solides, monta-gnardes, et qu’on ne maigrit ni au régime de la sauce, ni à ce-lui du lait.
La route de Bex à Gryon est la même que celle de Bex auxPlans, jusqu’à dix minutes au-dessus du Grand Hôtel, oùelle s’en détache sur la gauche en s’inclinant vers l’Avançon,qu’elle passe au Bévieux. Puis elle gagne le plateau des De-vens par deux premiers lacets, qui préludent à ceux qu’ellemultipliera dans la suite. Sur le plateau, elle se sépare de laroute des Devens, pour attaquer la longue montée qui, d’étageen étage, doit la conduire au but. La pente sur laquelle ellezigzague fait face à la vallée du Rhône. La vue, quelque tempsmasquée par la colline du Montet, se dégage à mesure qu’ons’élève. La Dent du Midi, dont on ne voit d’abord que l’ex-trême sommet, se découvre peu à peu; les glaciers du Trient,qui forment au sud le fond du tableau, apparaissent de plusen plus majestueux, et la plaine, du côté du lac, se dérouletoujours plus largement. A chaque lacet change la perspec-tive. Pendant quelques minutes on a devant soi les sommitésdu sud ; vient un tournant, on fait face à la plaine, avec lelac et le Jura , et ainsi de suite. Les premiers plans d’ailleursne manquent pas pour animer le paysage, quoique la pre-mière partie de la montée se fasse au milieu de vignobles assezmonotones; mais bientôt on atteint le village du Chêne , dontles maisons, pittoresquement assises sur la pente, ont uncertain air de constructions italiennes. Les caves en sontréputées au loin ; on les dit très hospitalières, et pour peuqu’on y compte des amis, il est prudent de passer vite. Plus