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Combien de personnes qui, sans les avoir vues, sans mêmeles connaître, ont été initiées par elles aux merveilles de lanature alpestre I De Haller, qui a révélé à l’Allemagne la poésiedes Alpes , en savait tous les sentiers. Saint-Preux les voyaitdes bosquets de Julie, et ses lettres, datées du Valais , prouventqu’il a plus d’une fois levé les yeux en suivant la route quimène de Vevey à Sion . Goethe y a jeté un coup-d’oeil fugitif.Byron aimait à les voir s’enflammer aux rayons du soleilcouchant. Oberman a promené sa mélancolie au pied desrochers de la Dent du Midi. Une des plus grandes théoriesde la géologie moderne, celle qui a le plus frappé l’ima-gination, a été victorieusement démontrée par Charpentier au pied de ces mêmes alpes de Bex , qui lui en ont fourni destémoignages éclatants. C’est par elles que la botanique al-pestre, grâce aux soins d’Abram et d’Emmanuel Thomas, aconquis sa place dans tous les grands herbiers de l’Europe .Voilà, sans doute, d’assez beaux titres de noblesse. Pourquoidonc n’ont-elles pas acquis plus tôt une popularité plus grande?Je ne sais ; mais il y a comme une injustice réparée dans lacélébrité tardive dont elles commencent à jouir.
Notice géologique. — Les hautes Alpes de Bex sont essen-tiellement calcaires, quoiqu’elles s’appuient au sud et à l’ouestdu côté d’Outre-Rhône et de Foully, sur de puissants contre-forts de roches primitives. Leurs étages superposés présententdes terrains de nature très diverse, jurassiques ou crétacés,et il nous est absolument impossible d’exposer ici, même enabrégé, les phénomènes complexes et grandioses dont les
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