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géologues modernes lisent l’histoire sur leurs murailles dé-nudées. Quelques savants les ont dernièrement ètuiiées detrès près, entre autres M. Jean Delaharpe, docteur à Liusanne,son fils, le docteur Philippe Delaharpe, M. le professeur Eu gène Renevier , M. le pasteur Sylvius Ghavannes, et;. Leurstravaux ont été publiés, pour la plupart, dans le Billetin dela Société vaudoise des sciences naturelles. J’y trouve, entreautres, au n° 45 (décembre 1859), un mémoire de M. PhilippeDelaharpe, auquel j’emprunte quelques détails uniquementpour faire entrevoir à quels résultats étonnants nous condui-sent les études de ces infatigables observateurs. Il est intitulé :Esquisse géologique de la chaîne du Muveran.
Depuis longtemps déjà les géologues avaient été fnppés decertains renversements particuliers aux massifs occidentauxde la chaîne des alpes bernoises. « Depuis le Sanetsch jusqu’àla Gemmi, disait le professeur Studer dans sa Géologie de laSuisse , les montagnes calcaires et schisteuses présentent desploiements énigmatiques. » On y trouve, en effet, les terrainsrangés près des sommets dans leur ordre naturel, tandis qu’àla base les mêmes terrains se retrouvent, rangés dans l’ordreinverse. On a constaté aujourd’hui qu’il en est ainsi sur toutel’étendue de la chaîne qui s’étend de la Gemmi aux montagnesles plus occidentales de la vallée de Sixt, par delà le Buet.Mais ce bizarre phénomène n’est nulle part plus frappant quedans la chaîne qui domine Bex , de la Dent de Mordes au ColCheville. Le Muveran peut servir d’exemple.
A mi-hauteur des masses du Muveran, telles qu’on les voitdes Plans, le terrain jurassique connu sous le nom d’oxfordien,