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forme de puissantes assises, dont les couches ont été repliéessur elles-mêmes, de telle sorte que, s’il n’y avait point eu derupture, la couche supérieure continuerait l’inférieure et enve-lopperait les couches centrales comme Ja couverture d’uncahier en enveloppe les feuilles. Les terrains jurassiquessupérieurs ont dû former une seconde couverture enveloppantla première, le valengien une troisième, et ainsi de suite pourplusieurs autres terrains, le néocomien, l’urgonien, le gault,l’éocène, avec cette différence toutefois qu’aujourd’hui cesderniers manquent aux sommets et n’apparaissent qu’à labase de la montagne, sortant de dessous ses masses entasséespour se redresser devant elle et former les arêtes d’Argentine et des Dents Rouges. Mais l’imagination continue dans les airsla vaste courbe qu’ils décrivent; elle les voit faisant enveloppeà leur tour et s’étageant par-dessus les sommets actuels duMuveran.
Selon toute probabilité, la chaine du Muveran était, dansl’origine, une vague immense, analogue pour la forme auxondulations du Jura , mais infiniment plus considérable, etformée par le ploiement sur elles-mêmes des couches calcairesde la croûte terrestre. Un pli pareil ne se fit pas sans rupture ;au sommet de la vague s’ouvraient de profondes crevasses,que les eaux et les glaciers ont creusées de plus en pluspendant un nombre infini de siècles, en détruisant lesmasses qui les séparaient. Toutes ces crevasses réunies neforment plus qu’une seule et profonde vallée, dont les eauxse rencontrent à Pont-de-Nant, et il ne reste de la vagueprimitive que deux débris, dont l’un est l'arête du Muveran.