INTRODUCTION.
51
pereurs Wenceslas et Sigismond, fils de Charles IY.Abandonnée à d’avides lieutenants, cette principautédevint un théâtre de troubles, de désordres, où le pauvrepeuple, instrument et victime des factions des grands,n’avait en partage que mépris, que misère.
L’empereur Sigismond 1 connaissait le mal; mais, lesmouvements de Hongrie et d’autres soins l’empêchantd’y remédier, il céda la Marche de Brandebourg à sescousins Josse et Procope, margraves de Moravie. C<nouvel ordre de choses ne fit qu’accroître la détresse dipays; Josse, après avoir, dit-on, empoisonné son frère,écrasa ses sujets d’impôts. Accablé de soucis et d’an-nées, il engagea la Marche, pour une certaine sommed’argent, à Guillaume, landgrave de Thuringe, sur-nommé le Riche , Mort, environ un an après, sans laisserd’enfants, tous ses droits sur la Marche et sur la Lusaceretournèrent à Sigismond.
Celui-ci, à la fois empereur, roi de Hongrie et élec-teur de Brandebourg, abandonna, pour la sûreté de100,000 ducats, dont il se reconnaissait débiteur, lapossession illimitée de la Marche au burgrave de Nu-remberg, Frédéric VI, qui avait puissamment contribuéà son élection ; mais il se réservait la dignité électoraleWenceslas, son frère, roi des Romains et de Bohême,ratifia cette concession : c’était un véritable contrathypothécaire.
1 Si l’on veut suivre rigoureusement l’ordre chronologique des faits,le litre d’empereur n’appartient à Sigismond qu’à dater du 10 sep-tembre 1410. On vit alors, en même temps, trois empereurs, Sigis-mond, Josse, Wenceslas, tous trois de la Maison de Luxembourg.