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Tome I.
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INTRODUCTION. 105

Battus, les Suédois furent déclarés ennemis de l’Em-pire; vainqueurs, ils eussent trouvé des alliés.

Cependant l’Electeur poursuit glorieusement le coursde cette guerre ; il chasse les Suédois de l’île de Rugen ;Anclam, Stettin, Stralsund que n’avait pu prendre lefameux Walstein, Gripswald, tombent en son pouvoir.

Mais, à peine goûte-t-il quelques instants de repos,que d’autres dangers éclatent. Le comte de Horn, venude Livonie avec seize mille Suédois, envahit la Prusse.Aussitôt l’Électeur détache sur Kœnigsberg le généralGœrtz et trois mille hommes, fait une alliance défensiveavec la Hollande, malgré l’ingratitude dont cette répu-blique avait payé ses bons offices, et part de Berlin, le10 janvier 1679. Dorffling avait pris les devants avecneuf mille hommes ; Frédéric-Guillaume les rejoint, semet à leur tête, passe la Yistule, frappe déjà les Sué-dois de terreur, les poursuit sans relâche, fait faire àses troupes sept grands milles d’Allemagne en traîneauxpréparés sur les glaces du Frisch-Haff, golfe deux moisauparavant couvert d’une multitude de vaisseaux, ter-mine cette étonnante expédition par l’entière déroutede l’ennemi, et, le 14 janvier, revient triomphant àKœnigsberg, salué partout du doux nom de libérateurde la patrie.

De seize mille hommes qu’étaient les Suédois, àpeine trois mille retournèrent-ils en Livonie.

Ainsi attiré, par ses ennemis, de l’Alsace dans la Mar-che, et de la Poméranie en Prusse, Frédéric-Guillaumeavait à peine expulsé les Suédois, que trente milleFrançais envahissaient le duché de Clèves. Louis XIV