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Tome I.
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INTRODUCTION.

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pas sa puissance matérielle; mais ses États et lui gran-dirent en puissance morale; dès-lors, ils se placèrenttrès-haut dans l’opinion publique de l’Europe; c’étaitpréparer les merveilles du siècle suivant.

Toutes les actions de ce prince étaient empreintesd’un caractère particulier d’audace. Simple Électeur, ilavait soutenu l’Empereur contre les Turcs; plus tard,il osa menacer le grand roi d’une sévère représaille.On se rappelle la statue de la place des Victoires, àParis, et ce groupe de nations enchaînées aux piedsd’un homme, injurieux monument élevé à l’orgueil endélire par une servile adulation. Ayant appris qu’ildevait y figurer dans un bas-relief avec le roi de Dane-marck, sous l’image de deux suppliants présentant unerequête au vainqueur, l’Electeur déclara fièrement auxministres français que, si l’on n’abandonnait pas ceprojet, il rendrait insulte pour insulte sur l’une desplaces publiques de Berlin, et certes il eût tenu parole.Aussi ses menaces ne furent-elles point méprisées.

C’est le seul Électeur que Louis XIV traita d’égal àégal.

Jouissant enfin d’un calme nouveau pour lui, Fré-déric-Guillaume put s’occuper de l’augmentation deses revenus G Jusqu’alors, toutes les villes de sa domi-nation avaient été imposées arbitrairement : il établitl’accise, en supprimant toute autre taxe. Bien quel’accise soit le moins oppressif des impôts, puisqu’ellepèse indistinctement sur tous les citoyens, et que, du

1 Mémoires du baron de Pœllnitz, tome I,