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Tome I.
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INTRODUCTION.

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direz donc pas, mon cœur, comme les femmes tartaresà leurs maris, lorsqu’ils reviennent sans butin : Tun'es pas un guerrier, puisque tu ne m’as rien rapporté; caril n’y a que l’homme qui se met en avant qui peut attraperquelque chose *. »

L’Europe était dans la joie. Un seul monarque nepartagea point l’ivresse générale; la gloire de Sobieskiblessait son orgueil jaloux : ce monarque était le roiTrès-Chrétien.

Léopold, qui ne s’était pas montré brave, eût dû aumoins se montrer reconnaissant; mais la gratitude luiétait aussi impossible que l’héroïsme. On eût dit que laprésence de son libérateur déposait à ses propres yeuxcontre sa lâche conduite. 11 reçut Sobieski en rase cam-pagne. Toujours esclave de l’étiquette, le ministèreautrichien voulait astreindre le roi de Pologne à un hu-miliant cérémonial. Sobieski s’y refusa. Les deux sou-verains se virent à cheval. Tandis que Léopold balbu-tiait en latin quelques froids remercîments, sans mêmeinviter son libérateur à le suivre à Vienne, celui-ciayant porté la main droite vers sa figure, Léopold crut

1 Les mots imprimés en italique sont les expressions textuelles deJean, qui entremêlait toute sa correspondance de phrases françaises.—Voir les Lettres du roi de Pologne, Jean Sobieski, à la reine Marie-Casimire, pendant la campagne de Vienne, traduites par M. le comtede Plater, et publiées par M. le comte de Salvandy. — Voir aussi etsurtout le belle et savante Histoire de Pologne, avant et sous le roiJean Sobieski, par M. de Salvandy. On trouvera à la fin du volume(letlre E) la mémorable relation adressée, du champ de bataille même,dans la nuit du 13 septembre 1683, a la Reine, par Sobieski. L’audace,la gaîté, le sentiment, l’ironie, toute la verve du triomphe y brillent.

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