\\A
INTRODUCTION.
qu’il allait se découvrir, et ôta son chapeau ; mais, lebonnet sur la tête, et caressant fièrement son épaissemoustache : « Mon frère, dit le vainqueur d’un tonsec, je suis bien aise de vous avoir rendu ce petitservice. »
Sa vengeance fut noble : il poursuivit les Turcs enHongrie. Battu d’abord à Barcan, 7 octobre 1685, So-bieski prit, le surlendemain, une éclatante revanche,défit totalement l’armée ottomane, et couronna cetteglorieuse campagne par la prise de Grau (ou Strigonie).
Selon l’usage, le Grand Vézyr fut étranglé.
Si Léopold, moins aveuglé sur la nature du pouvoirsuprême, eût fait aux justes demandes des Hongroisquelques concessions, par là il eût facilement apaisé lestroubles. Les Turcs eux-mêmes désirant la paix, leursconditions étaient raisonnables; mais la cour de Viennene trouvait point encore la Hongrie assez docile. Folentêtement, qui permit au roi de France de continuerses entreprises contre l’Allemagne et les Pays-Bas.
Les États-Généraux comprenaient mieux leurs vraisintérêts. Craignant l’agrandissement d’un voisin aussidangereux, ils négocièrent avec Louis XIV. Un traitéfut conclu à La Haye, 24 juin 1684. Le but des partiescontractantes était de terminer, par une transaction, laguerre présente et les discussions qui l’avaient allumée.
Plus Léopold s’obstinait à dompter les Hongrois,plus aussi l’emploi de toutes ses forces contre eux luidevenait nécessaire. Il adopta enfin des vues pacifi-ques. L’Espagne suivit son exemple; les conférencesde Francfort furent reprises à Ratisbonne; l’Électeur