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Tome I.
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INTRODUCTION.

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Grand Électeur. Mais si, mieux inspiré encore, il eûtécouté les conseils de Frédéric-Guillaume, sa mainn’eût pas signé la désastreuse révocation de l’édit deNantes; cette tache ne souillerait pas l’éclat de son règne:mais déjà une influence funeste pesait sur le grand roi.

Toutes représentations ayant été vaines, Frédéric-Guillaume ouvrit ses États aux réfugiés, et s’enrichitainsi des dépouilles de la France. Ces malheureusesvictimes du fanatisme trouvèrent auprès de lui plusqu’un asile. Des secours de toute espèce leur étaientofferts, exemptions d’impôts pendant dix ans, maté-riaux pour des constructions, pensions sur une cassetteparticulière, etc. Après avoir assuré un traitement con-venable à leurs pasteurs, l’Électeur choisit pour cha-pelains les plus distingués d’entre eux, leur permettantde conserver la discipline des Églises réformées deFrance. Quant aux militaires, tous furent employés, lessoldats avec de l’avancement, les officiers avec des gra-des supérieurs à ceux qu’ils occupaient dans leur patrie.

A cette politique habilement généreuse, l’Électeurajoutait des procédés pleins de grâce et d’aménité.Arrivait-il un Français? le prince l’admettait à son au-dience, écoutait avec bonté le récit de ses maux et l’objetde sa demande : c’était doubler le prix du bienfait.

Après une de ces réceptions, Guillaume s’étant plaintun jour au comte de Rébenac, envoyé de France, del’excessive rigueur déployée contre les religionnaires,ce diplomate repoussa hautement toute idée de violence,ajoutant que « ceux qui sortaient de France étaient desgens sans aveu, des esprits inquiets, qui, n’ayant rien