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Tome I.
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INTRODUCTION.

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merce reçut une nouvelle vie; l’agriculture s’améliora 1 .Berlin dut à ses hôtes sa police intérieure, le pavage etl’éclairage de ses rues, des marchés publics, un quar-tier entièrement neuf. Telle était auparavant la mal-propreté de cette capitale et des chemins environnants,que les courtisans ne pouvaient aller que sur deséchasses au château de Potsdam.

Le goût des arts et des lettres se répandit, les mœurss’adoucirent. Instruite par d’habiles instituteurs, lanoblesse commença à se dépouiller de ses préjugés;

1 « La guerre de Trente-Ans, entre les maux qu’elle causa, détruisiten particulier le peu de commerce que faisait le Nord de l’Allemagne.Mais il arriva depuis lors un événement favorable qui avança consi-dérablement les projets du Grand-Électeur (Frédéric-Guillaume).

« Louis XIV révoqua l’édit de Nantes, et quatre cent mille Françaissortirent pour le moins de ce royaume; les plus riches passèrent enAngleterre ; les plus pauvres, mais les plus industrieux, se réfugièrentdans le Brandebourg, au nombre de vingt mille ou environ; ils aidè-rent h repeupler nos villes désertes, et nous donnèrent les manufac-tures qui nous manquaient... A l’avénement de Frédéric-Guillaume hla régence, on ne faisait dans ce pays ni chapeaux, ni has, ni serges,ni étoffes de laine; l’industrie des Français nous enrichit de ces ma-nufactures; ils établirent des fabriques de draps, de serges, d’éta-mines, de petites étoffes, de droguets, de griseltes, de crépon, de bon-nets et de has tissés sur des métiers, de chapeaux de castor, de poil dechèvre et de lapin; quelques-uns se firent marchands et débitèrent endétail les produits de l’industrie des autres.

« Berlin eut des orfèvres, des bijoutiers, des horlogers, des sculp-teurs, et les Français, qui s’établirent dans le plat pays, y cultivèrentle tabac, et firent venir des fruits et des légumes excellents dans cescontrées sablonneuses qui, par leurs soins, devinrent dus potagersadmirables. Le Grand-Électeur, pour encourager une colonie si utile,lui assigna une pension annuelle de quarante mille écus dont elle jouitencore.» (Frédéric, Uèm, pour servir à l’hist. de la Maison de Brandeb.)