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Tome I.
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INTRODUCTION.

laume I er , son successeur. Autant l’un s’était montréprodigue, autant l’autre apporta d’économie dans sesdépenses personnelles 1 , dans toutes les branches del’administration ; autant le père avait encouragé leslettres, autant le fils affecta de mépris pour les poèteset les savants. Toutefois, avec un caractère à demi sau-vage, mais aussi avec une merveilleuse aptitude auxdétails, un sens droit et une volonté ferme, Guillaumecontribua puissamment à la prospérité de son pays. Ceprince, il est vrai, se moqua de l’Académie, en plaçantà sa tête une espèce de bouffon, nommé Gundling, maisil mit de l’ordre dans les finances; Wolff fut banni,parce que sa philosophie, avait-on dit au Roi, offrait uneexcuse à la désertion ; mais une armée de soixante-douzemille hommes consolida le nouveau trône; Stettin, lepays de Gueldre et de Kessel, le comté de Limbourg,reçurent les lois du monarque prussien; et la paix,conclue avec Gharles XII, lui garautit cette partie de laPoméranie qui est située entre l’Oder et la Peene.

Sa maxime favorite était, qu’un prince doit être éco-nome du sang et des trésors de ses sujets.

Chaque jour, le jeune royaume prenait de nouvellesforces. La Prusse fut traitée avec beaucoup d’égardsdans les conférences d’Utrecht et de Rastadt; les puis-sances du Nord recherchèrent même l’alliance de sonroi. Une convention avec la France lui assura la posses-

1 Les cent chambellans de Frédéric I er furent réduits à douze, et lesgros traitements diminués ; aussi beaucoup de personnes, qui avaiententretenu carrosse, allèrent à pied : ce qui fit dire, dans le public, quele Roi avait rendu l’usage des jambes aux perclus.