INTRODUCTION.
de Mecklemboufg. Mais une dévotion exagérée et som-bre altéra peu à peu les facultés intellectuelles de laReine, qui enfin fut affligée de véritables accès de dé-mence. Des soins officieux ayant caché ce triste spec-tacle aux yeux du Roi, Frédéric ne connaissait pointtoute l’étendue du mal. Un jour que ce prince s’étaitassoupi dans un fauteuil, la Reine, trompant la sur-veillance des gardes, se précipite dans l’appartement duRoi, à travers une porte de glaces qu’elle brise, et sejette sur son époux en poussant de grands cris. A lavue d’une femme échevelée, à demi couverte de vête-ments blancs, et les mains ensanglantées, le monarque,réveillé en sursaut, est saisi d’une fièvre violente. « J’aivu la femme blanche, je n’en reviendrai pas, » s’écrie-t-il, rappelant, par ces paroles, l’ancienne tradition quifaisait apparaître un spectre vêtu de blanc dans les pa-lais des princes et princesses de la Maison de brande-bourg, quand un membre de cette famille était près demourir. On prétendait que Joachim I er , voulant agrandirson château de Berlin, obligea une vieille femme à luivendre une maison dont elle ne voulait point se dé-faire, et que cette femme, transportée de colère, le me-naça de devenir pour lui et pour ses descendants unemessagère de mort.
Frédéric ne s’était point trompé ; il ne quitta son lit,après six semaines de maladie, que pour être porté autombeau de. ses pères. Ce prince expira le 25 fé-vrier 1713, dans sa cinquante-sixième année.
Si jamais il y eut un contraste frappant, ce fut entrele caractère de Frédéric 1 er et celui de Frédéric-Guil-