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soin de l’amener, et se présenta seul, à pied, à la porte.«Qui êtes-vous '! lui demanda l’olïicier.— Bothschafteu deVEmpereur,» répondit le ministre en autrichien. Or, l’of-ficier était Poméranien, et, dans la langue de son pays,un bolhe est un messager. Il prit donc M. de Benten-rieder pour tel, et, bien convaincu qu’un messager del’Empereur ne pouvait qu’être fort honoré d’endosserl’uniforme de soldat prussien, il l’emmena. M. de Ben-tcnrieder, s’apercevant du quiproquo, se laissa pour-tant conduire chez le commandant du régiment, qui,charmé d’une telle conquête, se réjouissait déjà depouvoir l’envoyer au Roi. Mais les équipages de M. deBentenrieder étant arrivés, et ses domestiques le quali-fiant d'Excellence, le commandant et l’officier de gardefurent très-honteux de leur bévue. Ils en firent leursexcuses à l’envoyé, qui rit beaucoup, en leur conseil-lant toutefois, à l’avenir, si pareille occasion se présen-tait, de modérer leur zèle*.
Les prêtres eux-mêmes n’étaient pas à l’abri de sem-blables mésaventures ; témoin l’abbé Bastiani, enlevé,tandis qu’il célébrait la messe, dans un village del'Italie septentrionale, et que, par la suite, Frédéricadmit dans son intimité.
Comme l’infanterie, la cavalerie était composéed’hommes très-grands ; ils avaient d’énormes chevaux :inhabiles au combat et à la manœuvre, on eût dit desgéants montés sur des éléphants. Dans cette partie del’armée, Frédéric II trouva tout à refaire.
1 Mémoires du baron tie Prellnil/., tome ([.