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HISTOIRE
Du Han néanmoins lui enseigna l’histoire, la philo-sophie, la littérature française ; le major de Seliœniug,le familiarisa avec les mathématiques et l’art de laguerre. Telle était l’affection du prince pour ses in-stituteurs, qu’à la fin de ses études il ne voulut points’en séparer; tous deux restèrent à sa cour de Rheins-herg : l’attachement de leur élève-roi ne varia jamais.
Dès sa jeunesse, les goûts de Frédéric, ses amuse-ments mêmes, révélèrent un vif penchant à la satire.Ainsi, une troupe de singes, qu’il aimait beaucoup,devenaient les instruments ou les complices de sesespiègleries. Chacun de ces animaux avait son titre .-l’un était son chancelier, l’autre son chambellan,celui-ci son conseiller intime, celui-là son contrôleurdes finances. « Ces messieurs, disait-il en riant, mereprésentent la cour de mon grand-père Frédéric I er . »Un jour qu’il cherchait un de ces malicieux cour-tisans, il ouvre la porte de l’antichambre, en criant :« Monsieur le conseiller ! monsieur le conseiller ! oùêtes-vous donc? » Or, par hasard, un grave conseil-ler de son père se trouvait là, attendant son au-dience : il croit qu’on l’appelle, et s’avance, en sa-luant jusqu’à terre. Frédéric, qui voit la méprise, ritaux éclats : « Ce n’est pas vous que j’appelais, dit-ilau conseiller déconcerté, c’est mon singe; mais entreztoujours, c’est la même chose. »
Beau, spirituel, aimable, d’une portée d’esprit biensupérieure à son âge, le prince royal, selon les lois dela nature, aurait dû posséder la tendresse paternelle.Loin de là, une aversion, toujours croissante, se ma-