Band 
Tome I.
Seite
165
JPEG-Download
 

UE FRÉDÉRIC II. ^ 65

la rigueur et sans ménagement, et s’offrit à prouverauthentiquement la fausseté des accusations.

« Le Roi fit donc chercher Katch, comme Grumkowl’avoit prévu. Malgré toutes ses menées, celui-ci sevit à deux doigts de sa perte. Katch sut la prévenir; ilavoit une dextérité étonnante à dérouter les criminelsqui avoientle malheur de l’avoir pour juge. Des ques-tions captieuses et des tours artificieux les confon-doient. Madame de Blaspil en fut la victime. Elle neput donner des preuves évidentes de ses accusationsqui furent traitées de calomnies. Katch, voyant le Roidans une violente colère, lui proposa de lui faire don-ner la question. Un reste d’égards pour son sexe etpour son rang la sauva de cette ignominie. Le Roise contenta de l’envoyer, le soir même, à Spandaw, oùTrosqui fut conduit quelques jours après. Cette damesoutint ce revers avec une fermeté héroïque. On latraita, au commencement, avec rigueur et dureté.L’ayant renfermée dans une chambre grillée, humide,sans lit ni meubles, elle resta, trois jours, dans cetétat, ne recevant absolument que ce qu’il lui falloitpour vivre. Quoique la Reine fût enceinte, le Roi nela ménagea pas, et lui annonça, d’une façon très-désobligeante, le malheur de sa favorite. Elle en futsi vivement touchée, qu’elle fit craindre une faussecouche. Outre l’amitié qu'elle avoit pour madame deBlaspil, la considération du testament du Roi, qui étoitresté entre les mains de cette dame, lui causoit demortelles alarmes. Un incident heureux la tira depeine. Le maréchal de Natzmar, homme d’un mérite