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Tome I.
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HISTOIRE

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force de lassitude qu’il a fini 1 . Je suis poussé à bout ; j’aitrop d’honneur pour endurer de pareils traitements, etje suis résolu d’y mettre fin d’une ou d’autre manière. »

Quoi de plus intolérable en effet que cette tyranniede tous les moments; quoi de plus révoltant qu’unbourreau, dans un père?j Frédéric, avec deux de sesamis, avait donc formé le projet de fuir. Mais le séjourdu Roi à Berlin rendait ce dessein inexécutable. Enfin,une occasion s’offrit, Frédéric-Guillaume ayant ordonnéà son fils de se tenir prêt à l’accompagner dans le Midide l’Allemagne.

En partant, le prince royal donna à Katt, l’un de sesconfidents, ses dernières instructions. On convint quecelui-ci irait le rejoindre dès qu’il connaîtrait le lieu desa retraite. Jusque-là, tout semblait sourire à Frédéric;mais bientôt l’indiscrétion de son ami changea l’état deschoses : ce voyage, qui promettait indépendance et bon-heur, se termina par une sanglante catastrophe.

Le plus profond mystère pouvait seul assurer lesuccès de l’entreprise : Katt eut l’imprudence de parler.Il annonça tout haut que Frédéric ne reviendrait pas;qu’il le savait positivement, étant chargé par son ordreexprès de lui expédier des fonds. Il montrait un portraitde la princesse Frédérique, ajoutant que c’était un pré-sent du prince.

Des bruits d’une nature aussi grave devaient arriverjusqu’au Roi, qui, en effet, les connut à Anspach. Aussi-

1 Une autre fois, il voulut étrangler, de ses propres mains, son fils,avec un cordon de rideaux.