DE FRÉDÉRIC II.
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tôt, des surveillants actifs furent placés autour duprince, avec ordre d’épier ses moindres démarches.
Cependant, plein de sécurité, Frédéric croyait bientôttoucher au but. Un jour, dans un moment d’épanche-ment, il ouvrit son âme au margrave d’Anspach, et, lelendemain, sans réfléchir aux conséquences probablesd’une telle demande après l’entretien de la veille, il lepria de lui prêter un de ses meilleurs chevaux, sousprétexte d’une promenade. Le Margrave n’ayant gardede le satisfaire, imagina quelque obstacle; ce contre-temps imprévu contrariait les arrangements du jeuneprince; mais, en dissimulant son dépit, et saluant déjà,en espérance, l’heureux instant où tomberaient seschaînes, il suivit le Roi d’assez bonne grâce.
Au moment de se remettre en route, il avait écrità son ami pour le tranquilliser : cette lettre devintl’arrêt de mort de Katt. Trop pressé pour la relire,Frédéric, en l’envoyant à la poste, ne s’était pointaperçu que l’adresse était incomplète. Il avait misdessus : par Nuremberg ; s’il eût ajouté ces mots : àBerlin, la tête de Katt ne fut point tombée.
Par une déplorable fatalité, un officier du mêmenom se trouvait alors dans cette ville; ce fut à luique le commis de la poste, croyant bien faire, adressal’estafette du prince. Cet autre Katt, effrayé du projetde Frédéric, renvoya aussitôt l’estafette au Roi.
Cependant le monarque et sa suite s’étaient arrêtésdans un village à quelques lieues de Francfort. Là,vers minuit, tandis que tout le monde reposait, leprince, croyant ses gardiens endormis, s’habille sans