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Tome I.
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HISTOIRE

aimée, la lettre suivante, si câline, si affectueuse, sirésignée !

« Ma chère sœur, l’on va m'hérétiser après le Con-seil de guerre qui va se tenir à présent, car il n’en fautpas davantage pour passer pour hérésiarque, que den’étre pas en toutes choses conforme au sentiment dumaître. Vous pouvez donc juger sans peine de la joliefaçon dont on m’accommodera. Pour moi, je ne m’em-barrasse guère des anathèmes qui seront prononcéscontre moi, pourvu que je sache que mon aimablesœur s’inscrive à faux là-contre. Quel plaisir, que nigrilles, ni verroux ne puissent m’empêcher de voustémoigner ma parfaite amitié ! Oui, ma chère sœur, ilse trouve encore d’honnêtes gens dans ce siècle quasientièrement corrompu, qui me procurent les moyensnécessaires pour vous témoigner mes soumissions ; oui,ma chère sœur, pourvu que je sache que vous êtes heu-reuse, la prison me deviendra un séjour de félicité etde contentement. Chi ha tempo ha vital Consolons-nousavec cela. Je souhaiterois, du fond de mon cœur, n’a-voir plus besoin d’interprète pour vous parler, et quenous vissions ces heureux jours où votre principe etma principessa 1 feront une douce harmonie, ou, pourparler plus net, où j’aurai le plaisir de vous entretenirmoi-même et de vous assurer que rien au monde nesauroit diminuer mon amitié pour vous. Adieu.

LE PRISONNIER. »

1 « Mon frère avait donné ce titre à sa flûte, disant qu’il ne seroitjamais véritablement amoureux que de celle princesse. Il en faisoit