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Tome I.
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HISTOIRE

-laume, à défaut de la personne, et ne pouvant mieux,fit pendre Keith en effigie ; il força le frère de cet offi-cier, pour avoir procuré des chevaux à Frédéric, à en-trer, comme sergent, dans un régiment.

A Berlin, de nouveaux emportements signalèrentl’arrivée du despote. Toute la famille royale s’était jetéeà ses pieds, en implorant la grâce de Frédéric; le princerepoussa ses enfants avec dureté, et épouvanta la Reinepar ces paroles foudroyantes : « Votre fils est mort.— Quoi ! s’écria cette malheureuse mère, vous auriezété le meurtrier de votre fils ! — Ce n’était plus mon fils,reprit le Roi, mais un déserteur qui méritait la mort. »A ces mots, la Reine tomba sans connaissance. Ce spec-tacle, loin d’attendrir Guillaume, semblait redoubler safureur. Étant sorti pour se faire amener Katt, il rentrachez la Reine, saisit la princesse Frédérique, la ren-versa, et l’eût grièvement blessée sans la résistance dela Reine; il l’accabla de paroles outrageantes, jurantquelle payerait de sa tête tous les chagrins qu’elle luicausait. Or, tout le crime de cette princesse était sontendre attachement pour son frère. Les menaces deGuillaume s’étendirent jusqu’à la Reine.

Vint le tour de l’infortuné Katt : avant de l’interro-ger, Guillaume lui arracha sa croix de Saint-Jean, lefrappa de sa canne, le foula aux pieds. Katt répondit àtoutes ses questions avec fermeté, et dit qu’au reste onen saurait davantage en ouvrant la cassette du prince,cassette que lui-même, croyant partir pour le rejoindre,avait remise à la Reine.

Mais tout était prévu : grâce à un cachet entière-