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HISTOIRE
Plus tard, et à titre d’emprunts, Frédéric reçut pîu-sieurs envois d’argent, de la Tzarine Anne, et de sonfavori Biren, duc de Courlande. Ulric de Suhm, gentil-homme saxon, d’abord ministre plénipotentiaire d’Au-guste II, à Berlin, et ensuite à Saint-Pétersbourg, étaitl’actif et dévoué correspondant du prince royal. Dansun langage convenu d’avance, toutes ces sommesétaient désignées sous des noms d’ouvrages histori-ques, et de productions littéraires.
Le 22 janvier 1757, Frédéric lui écrivait : « Vousne vous contentez donc pas de m’être utile en fait dephilosophie (ceci se rapporte à sa traduction de Wolfï),vous voulez l’être également pour l’histoire. La Vie duprince Eugène, ouvrage très-utile et très-convenableaux gens de mon âge, me fera beaucoup de plaisir.Comme vous vous êtes chargé si généreusement dusoin de me faire venir ce livre, je ne m’en inquièteplus, pas même de la reliure, soin que je suis per-suadé que vous voudrez bien prendre, ainsi que de lefaire bien empaqueter, afin que l’humidité ne puissearriver jusqu’aux livres et aux estampes, qui en se-roient gâtées. Je souhaiterois bien, mon cher Dia-phane, être^en état de vous fournir à mon tour unebibliothèque choisie. Il y a du plaisir à en approvi-sionner des gens comme vous, qui savent en faire unsi excellent usage. »
Comme les fonds se faisaient attendre : « Je suis àla lin de toutes mes lectures, lui écrivait Frédéric, le23 mars suivant, et j’attends, avec grande impatience,la Vie du prince Eugène. Quelqu’un, ces jours passés,