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HISTOIRE
don Carlos 1 . Voilà ce que coûtait à Charles VI le ty-rannique plaisir d’imposer un roi à la Pologne.
Cette paix qu’offrait la France victorieuse, l’Empe-reur fut trop heureux encore de la recevoir ; et le car-dinal de ïleury, qui avait su empêcher l’Angleterre etla Hollande de prendre part à la guerre, sut aussi laterminer sans leur intervention.
Dans ces circonstances, Frédéric-Guillaume, en ho-norant le malheur, s’était honoré lui-même. Dès queStanislas eut atteint Marienwerder, ville prussienne, ily trouva asile et fut reçu en roi. Guillaume permitmême à son fds d’aller lui rendre visite. Frédéric passaquelques semaines avec ce prince, ami, comme lui, del’étude et des lettres; dès lors, ils ressentirent l’unpour l’autre une vive sympathie. Plus tard, quand leroi titulaire de Pologne traversa Berlin, se rendant enFrance, Stanislas et Frédéric resserrèrent les nœudsd’un attachement qui ne se démentit jamais.
Guillaume commençait enfin à apprécier son fils :près d’achever sa carrière, il sembla deviner l’hommeextraordinaire qui devait porter à un si haut degré lagloire de son pays.
Un jour, le méfiant monarque part de Postdam degrand matin, et va droit à Ruppin, où le prince avaitson régiment; de là il se rendra, pour le dîner, à Rheins-berg, qui n’en est éloigné que de deux milles d’Alle-magne, surprendra son fils, et jugera ainsi par ses
1 Aussi le dernier Grand-Duc de Toscane, sentant sa lin approcher,demandait-il si l’on ne lui donnerait pas un troisième héritier, et « quelenfant l’Empire et la France voulaient lui faire. »