Band 
Tome I.
Seite
211
JPEG-Download
 

UE FRÉDÉRIC II.

211

propres yeux de l’emploi de son temps. Mais, aux por-tes de Ruppin, quel est son étonnement, quelle est sajoie! il trouve Frédéric exerçant lui-même son régi-ment. Tout donne à croire que, le matin, un avis offi-cieux était arrivé à Rheinsberg. Quoi qu'il en soit, àdater de ce jour, Guillaume jugea son fils capable degrandes choses.

Aussi, traité avec plus d’égards, le prince put-ilsuivre, avec quelque liberté, ses habitudes chéries.

Après avoir accompagné son père dans un voyage àClèves, en 1758, Frédéric, l’été suivant, visita, aveclui, la Lithuanie prussienne; courses fatigantes quis’accomplissaient sans sommeil et presque sans nour-riture.

Toutefois, la lettre qu’on va lire offre un vif intérêt;elle est de Frédéric à Voltaire. Le prince y retrace tousles bienfaits dont son père avait doté cette province :

Intersbourg, 27 juillet 1739.

K Mon cher ami,

Nous voici enfin arrivés, après trois semaines demarche, dans un pays que je regarde comme le necplus ultra du monde civilisé; c’est une province peuconnue de l'Europe, mais qui mériterait cependantde l’être davantage, parce qu’elle est réellement unecréation du roi mon père. La Lithuanie prussienneest un duché qui a trente grandes lieues d’Allemagnede long sur vingt de large, quoiqu’il aille en se rétré-cissant du côté de la Samogitie. Cette province fut ra-

14.