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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II.

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l’Europe. Les terres se défrichèrent, le pays se repeu-pla, le commerce fleurit de nouveau; et, à présent,l’abondance règne dans cette fertile contrée plus quejamais. Il y a plus d’un demi-million d’habitants dansla Lithuanie; il y a plus de villes qu’il n’y en avait,plus de troupeaux qu’autrefois, plus de richesses etplus de fécondité qu’en aucun endroit de l’Allemagne.Et tout ce que je viens de vous dire n’est dû qu’au Roi,qui non seulement a ordonné, mais qui a présidé lui-même à l’exécution, qui a conçu les desseins et qui lesa remplis lui seul, qui n’a épargné ni soins, ni pei-nes, ni trésors, ni promesses, ni récompenses, pourassurer le bonheur et l’existence d’un demi-milliond’êtres pensants, qui ne doivent qu’à lui seul leurfélicité et leur établissement. J’ai trouvé je ne sais quoide si héroïque dans la manière généreuse et laborieusedont le roi s’y est pris pour changer ce désert en payshabité, fertile et heureux, qu’il m’a paru que vouspartageriez mes sentiments en apprenant les circon-stances de ce rétablissement*. »

Quel contraste chez le même homme, entre sa con-duite comme père et sa conduite comme roi ! Mieuxvalait cent fois être son sujet que son fils.

^ Déjà Rheinsberg % si bien appelé le séjour des Muses,attirait des hommes célèbres de tous les pays. Là,Frédéric, étudiant, avec une ardeur toujours crois-

1 Supplément aux Œuvres posthumes de Frédéric II.

5 Frédéric avait changé ce nom en Remusberg, qu’il trouvait plusdoux ; alors aussi, et toujours par le même amour de l’euphonie, ilcommença h signer Fédéric.