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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II. 221

la culture des lettres et des l>eaux-arts, une conversa-tion spirituelle et enjouée. »

Cependant, la santé du Roi déclinait de jour en jour;tout annonçait sa fin prochaine. Malgré ces symptômesalarmants, Guillaume, qui avait toujours particulière-ment affectionné son duché de Prusse, voulut le visiterencore une fois ; mais ce voyage épuisa ses forces.

Un jour, vers la fin de mai, il perdit connaissance;on le crut mort. Aussitôt un exprès court, de Postdam,porter la nouvelle à Rheinsberg. C’était la nuit ; tout lemonde dormait. On se lève en désordre. « Nous sommesroi, s’écrie-t-on de tous côtés; partons. » On arriveà Postdam ; le Roi, ayant repris ses sens, était en uni-forme, l’épée au côté, le chapeau d’ordonnance sur latôte ; deux domestiques le promenaient dans les corri-dors du château sur une espèce de petite voiture 1 .« Ah! mon ami, dit-il à l’un de ses chambellans ac-courus de Rheinsberg avec le prince royal, c’en estfait, je vais vous quitter. » En effet, cet exercice ne luifut d’aucun secours.

Voulant se préparer à paraître devant Dieu, il fit ap-peler Roloff, ministre et prévôt de l’Église luthériennede Saint-Nicolas. Celui-ci se montra censeur rigide.D’abord le Roi ne parut pas faire grande attention àses remontrances. « J’espère bien, disait-il, être sauvé;car jamais je n’ai enfreint les dix commandements.Ai-je commis quelque adultère? Non. Ai-je une seulefois été infidèle à ma femme? Non. J’hériterai donc

1 Tliiébault, Mes Souvenirs, etc.

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