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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II.

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arrivée à Postdam, il étonna les officiers de son régi-ment par des libéralités inaccoutumées. Mais ce fut envain qu’on lui proposa d’ouvrir les magasins royauxen faveur du peuple, qu’affligeait une grande disette degrains : « Non, non, je n’en ferai rien, répondit-il; cesont des contes, on veut me tromper. » iwj

Son état empirait de jour en jour; le 27 mai, laReine, croyant qu’il ne passerait point la journée, en-voya chercher le prince royal à Rheinsberg. Le Roi re-prit pourtant encore un peu de forces; le 28, il putdescendre, en chaise, au jardin. Il se promena même surla place de parade, et il faisait poser, en sa présence,le première pierre d’une maison destinée à loger un ma-réchal ferrant attendu d’Angleterre, lorsqu’arriva leprince. L’entrevue fut touchante; dès que Frédéric-Guillaume aperçut son fils, il lui tendit les bras; Frédérics’y jeta en fondant en larmes. Tous deux demeurèrentquelque temps sans pouvoir parler. « Fritz, dit enfin leRoi, j’ai été sévère à ton égard; mais mon cœur ne t’ena pas moins toujours tendrement aimé ; c’est une grandeconsolation pour moi de te revoir. — Ah ! s’écria Fré-déric, puisse Dieu me conserver encore un père quim’accueille avec tant de bonté ! — Mon heure est venue,reprit Guillaume, et il me reste peu d’instants à vivre.Je veux en profiter pour t’instruire de l’état où je laisseles affaires. Maintenant, qu’on me ramène dans machambre. » Le prince l’y suivit; ils restèrent deux heuresensemble.

On rappela ensuite tous ceux qui avaient part à sonintimité, et Frédéric-Guillaume les entretint de sa mort