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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II.

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son lever, il était botté et en uniforme comme pourune parade, 11e modifiant ce costume qu’une seule foisdans l’année, le jour de la fête de la Reine.

Un page lui apportait ensuite, dans une corbeille,toutes les lettres à son adresse. Le Roi les lisait jus-qu'à huit heures, ayant bien soin d’examiner si lescachets étaient entiers et intacts, car il se méfiait desinfidélités. Pour mieux éviter les abus, tout directeurde postes avait ordre de joindre aux lettres pour leRoi une feuille où elles étaient désignées et numéro-tées avec les adresses de leurs auteurs $ aussi, au lieude jeter ces lettres dans la boîte commune, fallait-ilentrer dans l’intérieur des bureaux. Malgré ces pré-cautions, Frédéric fut plus d’une fois trompé.

Après avoir ouvert ses dépêches, il en faisait troisliasses distinctes^: dans la première, les demandes fa-vorablement accueillies, qui étaient marquées d’un plien dedans; dans la seconde, celles de refus, dont ilpliait les feuillets en dehors; quant à la troisième,comprenant toutes les pétitions sur lesquelles il 11’avaitpas encore prononcé, les lettres recevaient un doublepli, moitié en dedans, moitié en dehors.

Vers huit heures, après ce premier travail, un desquatre secrétaires du cabinet venait recevoir, de lamain du Roi, les trois paquets; et, pendant le déjeu-ner du prince, il lisait, tout haut, chaque lettre, leplus succinctement possible. Le Roi dictait une brève ré-ponse, ayant soin d’ajouter, selon l’occasion : «C’est unefemme, il faut lui écrire poliment. » A l’aide d’un signeparticulier, le secrétaire notait la réponse prescrite.

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