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Tome I.
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HISTOIRE

i74o Sorti du cabinet royal, il partageait la correspon-dance avec ses collègues, et aussitôt tous les quatre semettaient à l’œuvre ; chaque réponse devant être sou-mise, le même jour, avant quatre heures, à la signa-ture du Roi. Après cette formalité, des domestiquesde confiance faisaient les enveloppes et cachetaientles lettres; mais les adresses, ne pouvaient êtreécrites que par les secrétaires eux-mêmes; car Fré-déric voulait, dans sa correspondance, un profondmystère. A cinq heures, tout était remis au courrierqui, avant neuf heures, arrivait à Berlin ; et immé-diatement les lettres pour la ville étaient expédiées àleurs adresses; ou jetait les autres à la poste.

Exigeant de ses secrétaires un dévouement absolu,un complet isolement, Frédéric leur assurait, en retour,une vie intérieure abondante et commode ; leur trai-tement montait d’ailleurs à quarante mille francs.

Après les secrétaires, vers neuf heures, entrait lepremier aide de camp : alors s’expédiait le travail re-latif à l’armée.

Vers dix heures, le Roi allait souvent exercer lui-même son régiment des Gardes, ou quelque autre corpsde la garnison de Postdam ; ensuite avait lieu la pa-rade. Mais, fréquemment, c’était à des lectures, à sescompositions littéraires, à la musique, à sa corres-pondance qu’il consacrait ces deux heures. Alors, unlivre sous le bras, accompagné de trois petites levret-tes, suivi d’un page ou d’un valet de pied, il se pro-menait dans ses jardins; alors aussi il donnait sesaudiences, et vaquait à toutes les occupations impré-