Band 
Tome I.
Seite
241
JPEG-Download
 

DE FRÉDÉRIC II.

244

restèrent infructueux ; mais on ne leur en doit pas moinsdes éloges. L’administration de Injustice éprouva aussides améliorations. Telle fut la clémence de ce prince,qu’on l’avait surnommé le Titus de son siècle.

Mais, avec tant de qualités solides, Charles VI ne fitpoint le bonheur des peuples ; et cette couronne, qu’ilavait reçue brillante, subit sur sa tête plus d’un affront.Jamais ses sujets ne connurent les douceurs d’une paixdurable ; la guerre ou des préparatifs de guerre t , fruitsd’une humeur inquiète et orgueilleuse, agitèrent toutce règne de trente années.

Craignant que ses États ne fussent partagés, s’il man-quait d’héritier mâle de son sang, Charles VI avait pu-blié, en 1715, une loi qu’il appela Pragmatique-Sanc-tion, ou loi fondamentale. Elle établissait « qu’au défautde postérité masculine dans sa famille, tous ses Étatsquelconques reviendraient indivisiblement à ses fillesnées en légitime mariage, toujours selon l’ordre et ledroit de primogéniture. »

La plupart des puissances de l’Europe avaient ga-ranti la Pragmatique-Sanction, également adoptée parun Conclusum de la Diète de Ratisbonne, en 1752 8 .

Mais, à peine les cendres de l’Empereur sont-ellesrefroidies, que déjà son héritage, comme une proie im-mense, est disputé avec fureur. La guerre s’allume; lesscènes déplorables qui suivirent la mort de Charles II,roi d’Espagne, vont renaître. Inévitable sort de la Mai-son d’Autriche, agrandie par tant de mariages et de

1 William Coxe, Histoire de la Maison d’Autriche.

2 Flassan Histoire générale et raisonnée de la diplomatie françiise.

10

1740

i.